PREMIÈRE PARTIE, CHAP. "il. I
le bonheur. Pourtant il ne chercha pas à comprimer un amour qui lui semblait une jouissance de famille ; mais l'expression de ses vœux excita un orage.
M. de Salmar vit le danger, et voulut le conjurer. Saint-Albin reçut Tordre de rejoindre son régiment ; Téloignement augmenta sa passion. Toutes les précautions furent vaines. Il ne tarda pas à revenir secrètement dans le voisinage de Montselier ; il errait autour de 1 habitation paternelle sans oser y pénétrer.
Il venait rêver le bonheur dans les lieux que souvent il avait parcourus avec Aurore; ému par un doux souvenir , il cherchait son avenir dans les vœux ardens qui devaient toucher un père tendre.
Saint- Albin laissait échapper, avec l'expression d'une ame troublée , des acceus douloureux ; Aurore les entendit , elle re-
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doula son cœur; elle cpanciia sou secret dans le sein de sa mère adoplive, et trouva ]n'ès d'elle espoir et soutien.
Touchée de la contiance de sa pupille, digne de fixer le choix de son fils, madame de Salmar plaida auprès de son mari la cause de ses enfans , mais elle ne rapporta que douleur à leur ame; il rejeta avec effroi un projet d'union, et garda le silence... Pour la première fois sa compagne eut un refus sans confiance.
Madame de Salmar , inquiète d'un obstacle que le mystère l'empêchait de condiattre, attendit la réalisation de ses vœux de la persévérance ; la mort vint renverser le plan de sa tendresse.
Depuis long-temps atteinte d'une maladie chronique , chaque tentative qui lui enlevait Tespoir du succès retranchait un jour