PREMIÈRE PARTIE, CHAP
de sa vie. Elle versait des larmes sur l'avenir isolé de son fils et de l'enfant de son adoption .
— Vous pleurerez sur deux tombes les cœurs qui se seraient unis pour vous chérir, ré])était-elle à M. de Salmar. Des soupirs , des regrets, des refus agitaient et déchiraient son ame ; elle sentait ralentir les pulsations de son existence.
Elle toucha bientôl à son heure dernière. Saint-Albin se présenta alors à son père, il n'avait plus besoin d'excuses ; il fut reçu avec attendrissement.
r.e retour de Saint-Albin fut pour madame de Salmar un baume salutaire. Il fit renaître un instant d'espérance : envoyant Aurore près de son fils, en recevant leurs soins réunis, une douce illusion embellissait son lit de douleur.
lues hommes de l'art , appelés au chcvc t
de nia maJade , rassurèrent sa famille ; mais en voulant célébrer l'espoir de la conserver, on asphyxia le souffle de sa vie.
Madame de Salmar avai t un goût passionné pour les Heurs ; tous les jardins du hameau lui apportèrent leur tribut de fête. Son appartement devint un parterre ; ces touffes odorantes portèrent dans ses sens une enivrante et mortelle exhalaison.
Les médecii)s arrivèrent trop tard pour conjurer les parfums homicides. Le désespoir retentitdans le hameau, les villageois jetaient un regard d'effroi sur les arbustes dépouillés qui venaient de causer sa mort.
Tout près de l'ancien caveau des comtes de Montselier était la sépulture des Salmar ; là fut déposée sa dépouille arrosée de pleurs. Ce caveau, situé à Toccident du cimetière, était plein de traditions. On racontait les guerres suzeraines et le refuge que