PREMIÈRE PARTIE, CHAP, IV
n'était fondé que sur sa faiblesse ; mais sa tristesse et son trouble disaient assez qu'il n'était plus heureux.
Eléouore était noble et fière , mais plus tendre encore ^ elle obtint raveudeH'égarement de son époux; mais il fut acheté par la promesse d un sacrifice ; elle n'avai t pas prévu son étendue : la légitimité de sa fille était suspectée; elle espéra en l'avenir, et consenti t à se séparer de sou enfant. C'est à la comtesse de Montselier, son amie d'enfance , que la jeune Mathilde fut confiée.
Certaine que le comte abjurerait bientôt une erreur sans base, madame de Montselier fit partir pour ses terres la petite comtesse, qui n'avait pas encore deux ans; sa bellemère devait répondre de ,ce dépôt , jusqu'à ce que son père , rendu à la raison , sollicilût lui-même la fin de son exil.
Un seivileur dévoué partit pour Montselicr , cliargé tVinie jeune vie.
Eu altcignaut le but de sa course , il crut ({u'il était de son devoir d'arriver incognito pour mieux garder le secret des lettres dont il était porteur; seul avecla petite Mathilde, ignorant les dangers qui Tenvironnaient, il marchait saus défiance.
11 avait à franchir la forêt de Rang- Taloup; c'était le lieu ou Rondart avait formé un village ambulant; au moindre signal on ne trouvait plus que des branchages épais. Sa troupe n'avait point de demeure fixe et n'osait poser des tentes; une grotte, une clairière des ruines, étaient tour à tour l'abri de ces hommes audacieux pendant l'attaque et craintifs après le meurtre.
A peine le messager avait-il fait quelques pas dans la forêt qu'il fut assailli j>ar les hrigandsqui infestaient la contrée; ils Tassassi-