PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VIll
course légère, un étranger se l'aisait remarquer : ses manières, sa figure distinguée, étaient en opposition avec ses vétemens grossiers ; la pureté de son langage acheva d'exciter la curiosité d'Aurore =
Ce villageois , sous mille prétextes , cherchait à l'attirer hors du champ de la danse ; il épiait ses démarches et suivait ses regards. Emue dune crainle vague, elle ne voulut pas troubler la fêle , et vint se mêler aux jeunes filles du village; mais l'inconnu ne perdait point sa trace.
Sur le gazon, autour d'un vieux chêne, les jeux excitaient des rires bruyans; Aurore les partageait pour échapper aux poursuites de rinconnu.
Bientôt il s'éloigna du groupe, Aurore respirait : 1 allégresse fut tout à coup troublée. Le bruit se répandit que l'autorité venait d'arrêter au milieu de la fêle Roche-
Berrare , le trop fameux compagnon de Rondart , dé^^uisé eu marchand forain.
La terreur succède à la joie ; chacun rentre pour fermer son logis ; les habitans s'arment pour faire une battue dans les environs.
L'étranger qu'Aurore avait remarqué paraît le plus empressé ; il les excite , les dispose en colonnes , et se charge du commandement que nul ne songe à lui contester. Cette conduite prévint les soupçons que ses traits inconnus auraient sans doute excités ; mais au moment où on se mit en marche Thomme disparut : on apprit avec effroi que c'était Pioudart lui-même. Il s'était introduit au village dans Fespoir que le désordre d'un jour de fête lui faciliterait les moyens de s'emparer d'Aurore. Cet aveu venait d'être arraché à l'un de ses compa-