PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XVI
donne sur l'époque et les circonslauces du crime , les preuves irrécusables qu'il cîi apporte monlreut au gouverneur qu'une grande erreur doit être réparée. Il ne peut prendre sur lui de rendre immédiatemeut la liberté et Tbonneur à Vinnoceut ; mais il cède aux instances de Roclieborre , el lui permet de se cbarger des rudes travaux de Messire-Jean jusqu'à ce que la volonté du Roi proclamât la libération du vieillard. SuivideRocheberrare,il gagne le chemin du bagne, i! est introduit dans la salle où les forçats prenaient leur repas; pour la pre niière fois la joie y yfénétra.
Détaché de leurs groupes nombreux , TVIessire-Jean, assis dans une morne attitude, essayait en vain d'imiter ses compagnons. La gaieté lui semblait uu outrage en un loi lieu ; isolé au milieu de cette multitude bruyante, il demeurait immobile ; en agitant
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sa chaîne, il entendait le bruit de rinfaniic!
A l'entrée du gouverneur, le plus profond silence succède au tumulte: Rocheherrare, qui lesuit,s'approciie de Messire-Jean ; il le délivre du fatal anneau; et s'attachant à la glèbe du bagne, il presse sur son coeur le captif délivré : « Je viens vous relever du » poste où vous plaça mon crime ; allez re^ » prendre votre vie pure, l'estime vous at- )) tend; moi j'ai payé ma place ici ! »
Le vieillard , accablé par le malheur et par les ans, croit être la dupe d'un heureux songe. Roclieberrare se revêt alors du costume des galériens ; c'est le cilice du repentir social; il se saisit de la rame, et se constitue prisonnier volontaire. Le roi, touché de ce noble trait, lui accorda sa grâce.