‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 80 sur 105 · PREMIERE PARTIE, CHAP. XXI. 1 - l · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. XXI. 1 - l

forêt, errent au travers d'une campagne couverte de neige; les rigueurs d'un long hiver leur font sentir l'aiguillon de la faim ; ils se rassemblent , et , semblables à ces hordes sauvages qui veulent surprendre un ennemi sans défense , ils approchent d'un pas furtif, et commencent leur attaque avec d'épouvantables cris. Ils accovu^ent se jeter sur les parois humaines de Fossuaire; ils sont affamés, ils les convoitent avec voracité. Plus prompt que T éclair, Gazot voit le danger; il y arrache ses maîtres. Son bras nerveux saisit Mathilde. 11 s'élance et franchit l'espace , tandis que Saint-Albin, par un coup de pistolet, éloigne pour un moment le danger. Il fuit à son tour avec le prieur; derrière eux se consomme une dernière scène d'horreur.

La délonnationde 1 arme a retenti; quelques brigands , seuls débris de la bande de

Roiidart s'y rallient, c'est iiii de leurs signaux; ils tombent dans une embûche de mort. Les loups abandonnent les ossemens pour une proie vive. Le bruit des ^rmes , les liurlemeus des bêtes fauves , les coups de sifflets qui percent l'air font deviner à Gazot que l'Ossuaire n'est pas complet. Il veut saluer Tunion de Saint- Albin par un feu de joie digne du lieu de sa consécration. Il agit et ne consulte pas.

Il rend Aurore aux soins de son époux , rentre dans la forêt , saisit deux cailloux , fait jaillir l'étincelle, puis élevant avec eur tliousiasme son rameau préservateuy , il ©a fait un brandon enflammé. Il le dépose au fourré d'un taillis et s'écrie : « A vous gens )) de sang, la justice de Dieu. »

En un instant , la flamme s'étend en laves, s'élève en colonnes et flotte en tourbillons. Les chênes embrasés s écroulent , les com-

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