‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 79 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XXI

obslacltîs qui les séparent encore s effacent; mais bientôt la raison reprend son empire , et avec elle renaissent les pleurs. Saint-Albin songe à son tour qu'Aurore a une famille. Une barrière nouvelle peut s'élever contre ses vœux; toujours des craintes... un soupir déchirant sort de sa poitrine. Elle comprend sa pensée ; les signes les plus expressifs le rassurent. Désormais ils sont inséparables.

Une main levée vers le ciel et l'autre appuyée sur son cœur, elle lui adresse un serment solennel et saisit la main de Saint-Albin; son regard exprime un vœu d amour; il retentit au cœur qui l'aime. Tous deux se prosternent et leurs sermens sont inscrits dans le ciel.

Le temps , le lieu , une résolution forte entraînent le prieur; il consent à les unir. Les heures s'étaient écoulées, la nuit commcn-

çaità déplo^'er ses voiles, et ajoulaità llioij'eur de cet affreux séjour, lorsque le desserviant du prieuré commença la cérémonie qui légitima les noeuds de Mathildc et de Saint- Albin.

Un orage se formait et le trépas vint apparaître en tiers dans leur union comme au temps de leurs prennères amours. Le ciel fut tout à coup sillonné par une sombre lueur; un vif éclair fendit la nue. Cette lugubre clarté, suivie des éclats de la foudre, formait une pompe digne de la fête nuptiale célébrée dans le temple de la mort.

A peine le rituel était-il fermé , et les époux rendus à eux-mêmes, qu un bruit sinistre se fait entendre : d'abord c'est un murmure confus et lointain ; il augmente , il approche ; d'horribles hurlemens en expliquent bientôt la cause.

Les loups et les sangliers que recèle 1^

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