‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 94 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XI

garde du drorl des gens. Son enlèvement donna lieu entre les deux États à quelques contestations.

Mandrin avait particulièrement exercé ses ravages dans la province du Forez. Les montagnes environnantes de Rang-Taloup lui servirent souvent de repaire. Il eut à combattre le grand prévôt Schol de • Qercy sur le plateau même de Moutselier. Dans sa fuite ^ plusieurs hommes de sa bande furent arrêtés : entre autres^ l'un de ses chefs de peloton qu'il nommait écrase tout. Au village de Violay dans une habitation champêtre où il avait cherché un refuge, cerné de toute part, il crut s'échapper par une cheminée, mais arrivé au faîte, il fut atteint d'un coup de feu par le grand prévôt lui-même, qui le poursuivait de près. Cette action valut à ce dernier la croix de Saint-Louis.

De petits échecs n'abattirent point l'audace de Mandrin. Il rallia sa horde, et sa témérité fut poussée jusqu'à menacer de mettre à feu et à sang la petite ville ' de iN'éronde où le grahd prévôt avait fixé sa résidence. Ce lieu lui parut propre à une expédition nocturne; entouré de bois et de collines escarpées, il offrait à Mandrin des ressources pour lutter avec avantage. L'alerte donnée , Schol de Clercv fait reconnaître

le nombre et la position des contrebandiers ; mais, jugeant qu'il ne pouvait résister , il se ménagea adroitement une sortie , et se replia avec la maréchaussée sur le chef-lieu delà province, après avoir échangé quelques coups de fusil.

Mandrin ne perd pas de temps, il cerne Néronde et se présente aux portes de cette petite ville à la tête de sa troupe.

Tous les habitans effrayés avaient fui avec le grand prévôt j il ne rencontra qu'un seul homme qui veillait au salut de tous j le juge châtelain vint en costume lui présenter sur un plat d'argent deux petites clés., en lui disant : « Général, ce ne sont pas les clés de la ville » que je vous présente, mais bien celles de ma cave. »

Le courage et l'accueil de ce magistrat sauvèrent la ville. Mandrin voulut aussi se distinguer, et pour la première fois^ il laissa échapper une occasion de pillage.

Il se piqua même de galanterie, et laissa à la châtelaine, en quittant la ville, une pièce de toile des Indes comme un hommage de ses hauts faits.

Le féroce Rondart était à sa suite, il fut contenu dans ses excès par la voix de son chef qui , dans cette

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