PREMIERE PARTIE, CHAP. XX
•» qu'il attaquej il le saisit en même temps aux narines » avec les dents, et non seulement il lui intercepte la » respiration , mais les plaies profondes qu'il lui fait » par ses morsures , occasionnent une grande effusion » de sang^ il tue tie cette façon les hommes et les aui- » maux. »
Plusieurs auteurs, tels que Valmont de Bomare, nous disent, en décrivant l'espèce du serpent fétiche, que les nègres de Juïdha regardent ce serpent comme la divinité tutélaire de leur nation^ ils lui ont élevé un temple; il est desservi par des prêtres et des prêtresses. Le fétiche est invoqué, et des offrandes lui sont faites dans les calamités publiques : des mpts recherchés, des bijoux, des bestiaux lui sont offerts, et ces hommages deviennent le tribut des grands prélres fétichers dont l'imposture alimente la vénération qu'on porte à ce reptile.
De vieilles furies vont dans les villes et bourgades armées d'une grosse massue ou bâton de commandement chercher des prosélytes; elles les entraînent dans le temple : là , elles sont instruites à chanter des hymnes, et à danser en l'honneur de leur Dieu.
Leur noviciat est sanglant, on leur imprime suv
toutes les parties du corps, avec des poinçons de fer, des fifjures de serpens entourés de fleurs. Cette cérémonie se fait au milieu des cris des patiens, et cette empreinte devient la marque distinclive d'une consécration perpétuelle à ce culte.
La scène se passe dans des souterrains ou caveaux couverts d'emblèmes de fétiches à figure humaine; si les prêtresses révèlent les mystères du culte, elles sont brûlées vives au nom de la divinité. Les parens s'honorent de la préférence j lorsque le choix tombe sur leur sang, ils semblent être ennoblis.
Les Ecrouayes , peuple de la terre ferme , pour se venger des incursions de leurs ennemis , renfermaient dans des paniers et des calebasses, l'espèce la plus venimeuse des serpens , et les lâchaient dans les pays qu'ils envahissaient: de mêmeLohie, comme un autre Ecroiiaye, donna la liberté à sa divinité.
Dans le Nouveau-Monde , des usages barbares consacrent toutes les cérémonies du culte des Jetichers.
On trouve dans la narration des deux derniers iVafc/iez l'historique de Lohie '. Son nom, oiùginaire de rOhio , a fait revivre les cruautés de ces nations
' Noie de rédilion in-18, des Œuvres de M. deCliàteaubrianJ.