‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 98 sur 105 · PREMIERE PARTIE, CHAP. XX · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. XX

indiennes dont les supplices ont été mis en action par un illustre écrivain.

M. de Chateaubriand a rappelé que les bords de rOhio sont peuplés de noms français qui montrent que la gloire a passé sur ses rives. Des familles indiennes se font encore honneui' des alliances formées par leurs ancêtres f et portent avec fierté les noms de Pont-Cliartiain, d'Yberville et de Jermonville.

Celui de Maurepas est aussi gravé dans les fastes canadiens : cependant la reconnaissance américaine ne devait rien à ce ministre anti-philantrope , ce fut lui qui ordonna la veate des derniers Natchez. On lit dans V Histoire de la Louisiane , de M. de Barbé-Marbois , ces réflexions sur cet acte d'une politique inhumaine.

« Dans le cours des gueircs entre les Français et les » naturels de la Louisiane , celle que l'on fit aux Nat- » chez eut des suites épouvantables. Cette nation pai- » sible , avant notre arrivée, passait pour être moins » féroce que les autres. Irritée des violences d'un cora- » mandant français , elle se porta à d'horribles repré- » sailles. Le gouverneur de la colonie crut que ce sou- » lèvement nécessitait un grand exemple, et la tribu ») fut exterminée, à l'exception de quelques familles

3oO NOTES.

» qui échappèrent au massacre général et furent reçues » et protégées par les tribus voisines. De temps immé- » morial, celle-ci avait été gouvernée par une famille » de chefs qu'elle croyait enfans du soleil. M. Périer, » commandant général , les fit tous enlever et irans- » porter au cap Français. Le plus considérable de cette » dynastie y mourut peu de mois après son arrivée. » Les autres soleils furent enti'etenus aux frais de la » compagnie, pour la modique somme de 1888 1. 7 s. » Elle s'adressa à M. de Maurepas pourctre indemni- » sée de cette dépense, le 22 avril 1751. Le ministre » écrivitaux svndics: Jene crois pas qu'il y ait aucune » chose à faire, que d'ordonner la vente de ce qui » reste de ces deux familles sauvag-es, ou de les renvoyer » à la Louisiane.

» lies registres de la compagnie , déposés aux archi- » vos de la cour des comptes, contiennent la résolution » suivante : « Il a été délibéra' d'ordonner la vente de 1) ce qui reste desdites deux familles sauvages Natchez.» » En même temps qu'on donnait cet ordre, on préten- » dait à la gloire de civiliser les peuples dont les chefs » étaient vendus comme esclaves. »

Parmi les Natchez vendus, deux fm'ent amenés en

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