PREMIÈRE PARTIE, CHAP. l
de pierres n étaient pas là au lieu de haies pour marquer la route , on s^ égarerait à chaque instant. Il me semble que M. Dlimont nous avait dit de tourner à gauche.
Non , c'est bienla route de Monastier ;
allons toujours.
— Allons, dit Joseph; et il fouetta son
cheval .
J'aperçois une maison.
— Eh bien , entrons-y .
— C'est une auberge.
Tu feras reposer le cheval , et nous
tâcherons d y trouver à dé jeûner.
Comment s appelle ce lieu?
— C est Peirebeilhe , monsieur.
Ce n'est pas ce nom-là qu'on nous avait
dit. Est-ce le chemin de Monastier?
— Non, c'est celui de Montpesat.
— Jeu étais sûr, dit Joseph.
— Au diable les chemins de TArdè-
che; nous u'arriveix)iis pas aujourd'hui. — Oh ! si , (juaud le cheval aura mangé 1 avoine , je le ferai filer; c'est cinq lieues de plus ; nous pourrons être au château vers onze heures ; on vous attend , la retraite ne sera pas battue.
— Monsieur va peut-être au Planial ?
— Non, je me rends au château d' A ntône.
— Vous ne pouvez y arriver aujourd'hui ; les chemins sont très-mauvais ; vous feriez mieux de passer ici la nuit, reprit l'hôtesse.
— Bah! nous en avons vu bien d'autres. Voyons, dépêchez-vous; les vivres; monsieur a faim.
— Voilà , voilà ! s'écria Gervaise.
Une omelette au lard , du mouton bouilli, du fromage de Pioquefort et de beau raisin du Languedoc composèrent le repas.
— Vous avez de bon vin.
— C'est du vieux ; il y a vingt ans qu'il