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PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VllI

détruisit son espoir; il scrutait ses pensées, elle le sentit , et son trouble sembla coiiHrmer des torts que son cœur repoussait.

Si Emeline n'avait été que malheureuse , Edouard aurait pleuré avec elle; il avait trop de noblesse et d'amour pour ajouter à sa peine par un reproche : son air calme , son sourire , le pas assuré qu'elle paraissait faire vers lui , la déception enveloppée dans des traits si doux; tout excita son indignation et fit taire sa douleur. Des sarcasmes dont Emeline seule pouvait sentir l'amertume brisaient le cœur qu'il avait tant ambitionné de conquérir.

Le général riait de cet orage d'amour ; madame de Mirande sans pouvoir en pénétrer la cause, vit qu'il était le précurseur d'une tourmente.

Après ledéjeuner, Emeline suivit sa tante;.

elle déposa dans son sein le secret qui était venu se lier à sa destinée.

Madame de Mirande ne lui reprocha rien , elle aurait agi comme elle ; mais elle comprit toute la gravité de la positiond Emeline; le colonel n'avait pas du à sa confiance la découverte du mystère.

— Tu l'aimes , mon enfant , il a droit à ton estime; surmonte un sentiment de fierté; ouvre-lui toname avec franchise.

— S'il ne me croyait pas?., ma tante , je romprais à jamais.

Le général venait d'engager une partie d'échec. Madame de Mirande prit le bras de d'Elvane.

— Emeline , viens avec nous , je veux consulter le colonel sur un plan champêtre.

La tremblante Emeline obéit ; c'était le moment d'une épreuve.

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