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II

L'audace de ces assassins, portant leurs forfaits audessus de tous les êtres, semblait les mettre à part. 11 a fallu pour les atteindre un quart de siècle.

Ces montagnes, qui rappellent des attentats sanglans, ont vu aussi sur leurs crêtes des armes parées par la gloire. C'est là que Du Guesclin, le preux des preux, fit flotter son penon et rabaissa l'orgueil d^s phalanges anglaises. Le hois des armes , près de Peirebeilhc, fut un lieu de trophées. Pradelles referma ses portes sur les prisonniers faits par sa vaillance ; et Châleauneuf-Randon reçut son dernier soupir. Sur son catafalque , l'ennemi apporta les clefs de ce château-fort. Son souvenir fut encore vainqueur.

« Le gouverneur de Châteauneuf-Randon ' avait » capitulé avec le connétable j il devait rendre la place w le 12 juillet , en cas qu'on ne lui apportât pas du se- » cours. Le lendemain du jour de la mort de Du Gues- » clin, on le somma de se rendre; il ne fit aucune dif- » ficulté de lui tenir parole , même après sa mort. 11 sor- » tit avec les officiers les plus distingués de sa garnison, » et vint mettre sur le cercueil du connétable les clefs

' BiograpSiie.

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» de la ville en lui rendant les mêmes respects que s'il » eût été vivant , afin , dit-il , qu'il soit dans sa destinée » de triompher même après sa mort. Les généraux » qui avaient servi sous lui refusèrent l'épée de conné- » table, comme ne se sentant pas dignes de la porter » après lui. »

Un monument funéraire a été inauguré de nos jours à sa mémoire sous les murs de Châteauneuf-Randon. Il est construit avec le granit de la Lozèi^e et avec les débris des murailles qu'il renversa.

Ce pays est encore fertile en souvenirs de guerre. Henri IV l'a parcouru en triomphateur, et ses descendans trouvèrent dans ces vallées désartes des défenseurs dans les temps d'exil.

A. peu de distance de Peirebeilhe est le camp de Sales, où la noblesse de France combattit, àl'aui'ore d'une révolution, les premières atteintes portées au trône.

Bauzon, Mercoire, abritèrentles drapeaux de la vieille monarchie. La Tanièi'e, Sauvajon, furent un refuge pour les proscrits.

Le fameux Charrier bondit de ses monts et déborda la province. Il fut toujours fort au milieu des ravins où

il avait armé ses montagnards. Ses hommes d'armes étaient surnommés les rocs des batailles.

Les pas de deux assassins ont fait tache sur une terre empreinte de faits mémorables. Avant eux, le sang' répandu était un sang d'honneur.

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