CHLEUASMES ESTHÉTIQUES SUR PEINTRES ET SCULPTEURS
D7cole°H ( des Beaux-Arts 4
Je cherche le phénoménal bougre qui se peut vanter de diriger les Beaux-Arts.
Et celui qui se figure les acclimater entre les plâtras d'une Ecole, où est-il, qu:on le sacre ?
Nous avons eu quelque temps, un Ministère des Beaux-Arts, ce qui était plus rationnel, puisque en latin, ministre signifie serviteur, v
On dit encore de nos jours, par assimilation, me souffle un gnome facétieux : l'es ministres du train des équipages 4
Il n'est pas d' Artiste qui n'ait senti germer en lui l'esprit de révolte. Se dégager des ambiances et des règles. Sinon, rester bon ouvrier,. Manet ou Cabanel?
Il doit régner une étrange consolation dans l'âme du grand peintre acheté jadis à vil prix par un marchand de tableaux, eV qui vers la dernière étape d'une vie de misère, voit la valeur de ses tableaux surenchérir et devenir négociable entre banquiers amateurs de galeries, sans qu'il lui soit possible d'en percevoir même l'intérêt, pour se creuser une tombe et donner un prétexte d'hommage à l'immortalité qui l'attend.
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Les lauréats de l'Ecole, se plaignent sur le tard, encore que chamarrés de rubans, et gavés de renommée, du dédain des irréductibles qui les omettent de parti pris dans leurs études d'art.
Elle a donc, à leurs yeux, une importance, cette minuscule tache noire qui, avec le temps, obscurcira l'horizon de leur célébrité ? ★
D'ailleurs, Fart d'aujourd'hui, semble se produire sous l'impulsion de deux mobiles : égoïsme ou prostitution.
Egoïsme, si dans sa fierté, l'artiste se refuse à répandre son œuvre dans le domaine public ;
Prostitution dans le cas inverse.
Une consolation toutefois : cette dernière est aussi réglementée.
Les cartes, par exemple, s'appellent des médailles 4
Ils sont plus fiers de leurs médailles que de
V Ostensoir des Ironies
leur talent, et ne sentent pas que la popularité, c'est leur tare.
Ils ne manquent pas d'exemples, cependant, pour se conduire dans la bonne voie : Michel Ange et Rodin.
Exposition mondaine signifie volontiers : Syndicat de Croûtes. Là, pontifient des artistes bariolés de multicolores décorations, mais dont la peinture est monochrome ; et ils meublent leurs cimaises de pochades hilares ou squameuses, selon la bizarrerie du sort.
Il y pullule aussi force portraits de parentes agnates ou cognâtes de membres du Cercle promoteur de ladite Exposition. Leur joaillerie et leur quincaille y sont reproduites avec fidélité. Je souhaiterais la même exactitude, la même sincérité, aux rondes bosses qui, surmontant ces toilettes, ambitionnent le titre de portraits.
Quand un peintre a signé de ces navets, volontiers il fait son petit Willy Janikow. Le portrait de la dame de la maison évoque parfois, en effet, ridée de la Fin de Sodome (i).
(i) La Fin de Sodome^ drame d'Herrmann Sudermann, joué à Berlin en 1891.
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Il y a des milliers de peintres et quelques artistes. Certains d'entre ceux-ci et tous les autres se plaignent, non sans raisons plausibles (pluriel), de l'exploitation dont ils sont victimes du chef des marchands de tableaux.
Survient un honnête homme, plus honnête que peintre. Il devine où sied le mal et propose d'y remédier.
« L'union donne la force, dit-il; je veux grouper ensemble tous les artistes, et veiller à ce que dans une Association, syndiquée ou non, mais sagement organisée, les intérêts des artistes soient toujours respectés et qu'ils aient au moins une part dans la vente de leurs œuvres une fois tombées aux mains des philistins. »
Mais il n'a pas réfléchi qu'il n'y a point à Paris de cabaret suffisamment approvisionné pour calmer les soifs des rapins syndiqués. Aussi a-t-il trouvé sept ou huit adhérents dont un tiers insolvables.
La plupart des artistes de ce temps, soucieux
de la seule plastique, ont nié l'influence de la pensée sur l'œuvre qu'ils entreprennent.
Ils ne conçoivent point l'âme d'un tableau, ou d'une statue.
Les sculpteurs, se sont montrés particulièrement intransigeants sur ce point. Artistes du marteau, ils ne voient que la beauté classique, la sérénité monocorde des œuvres de l'antiquité.
Et lorsqu'un sculpteur s'essaie à ménager à son marbre une esthétique faite de synthèse, conçoit, par un assemblage nouveau de poses et d'anatomies, le thème définitif, en quelque sorte, de certaines passions, lorsqu'il s'est créé par ainsi une métaplastique bien personnelle, il a contre lui toute l'Ecole, et les snobs, enfin la vile multitude.
Ainsi des notateurs d'un coloris inédit, des impressionnistes et des peintres d'âme, du moins jusqu'à ce que, compris enfin de la minorité, qui sent et apprécie l'art, partout où il se manifeste, ils conquièrent pied à pied l'estime des générations qui suivent.
Tels, Delacroix, Courbet, Manet et de nos jours Puvis de Chavannes, Rodin, Pelez et
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Carrière, — instaurateurs de la moderne esthétique française.
La forme classique de l'Ecole est en quelque sorte un langage de convention dont se servent les peintres et les sculpteurs pour exprimer leurs conceptions et se contrôler à l'aise. Les véritables artistes, sentant l'impuissance de cette langue à traduire leur pensée, leur émotion, s'élancent hors, d'eux-mêmes, et créent des formes nouvelles. Les maîtres de l'Ecole qualifient ces néologues de la plastique et de la couleur, de l'épithète de décadents, voire d'impressionnistes. Car la grande supériorité des maîtres de l'Ecole consiste à diminuer leurs enthousiasmes et à resserrer dans les limites autorisées par la grammaire du dessin et de la palette, les poncives conceptions au bas desquelles leur signature donne un prix courant.
Et la consécration leur advient naturellement, puisque ceux qui la sanctionnent sont précisément les détenteurs du capital, les Mécènes de la médiocratie.
Il en est d'ailleurs de la peinture et de la sculpture comme de tous les autres arts. Les
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médiocres avisés s'en font des rentes ; mais les esprits créateurs qui ne transigent pas avec le manque de goût public meurent pauvres. Seulement ils ne s'en aperçoivent pas, car ils ont trouvé leur salut dans le rêve artiste qui les hanta durant leur vie, et les rendit étrangers aux soucis matériels des autres hommes.
l'artiste
D'inquiétantes visions hantent son âme ensommeillée d'Artiste anxieux du devenir. Ce sont des ombres de sphynges lascives, que torturent les désirs de sensualité non assouvis à jamais en deçà, et pourtant rêvés au delà.
Et, inhabile à les fixer, parce qu'évolues d'une prime suggestion émanée du songe, l'Artiste, dès que renaissant à la lumière, se souvient d'ombres vaguement entrevues, de mirages d'amour, qui enchantèrent ses nuits.
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Mais l'ardu labeur qui le passionne en sa recherche de l'idéal, vivifie chaque nuit cette hantise halluciné, et sa pensée s'imprègne du fluide spirite propice à la perception de l'Imaginaire.
Plus nettes transparaissent alors les visions, devant cette âme mieux préparée à leur Visitation, et définitive, se mnèmonise par la forme perçue, la souvenance de ce ,prodige.
Superbement virginale s'est épanouie la Féminité, dans le dérèglement de sa beauté somptueuse ; et voici que les Incubes envieux, diaboliques tentateurs, la sont venus lutiner.
Le bercement de ieurs murmures, où se perçoit comme une préharmonie universelle, domine l'esprit de cette Elue.
Peut-être, le doute, la peur, lui ont-ils suggéré, au début, des révoltes, à ridée de ces emprises qu'une défaillance consacre, à toujours.
Mais puisque si bornée l'imagination de l'homme, de quel droit contester la vraisemblance de ce qui hors le rêve et la chimère apparaît irréalisable ?
Est-ce parce qu'inaccoutumés à l'imprévu des couleurs, à l'inattendue jonction d'éléments naturels hétérogènes, il nous désagrée consentir la réalité des Centaures et des Sirènes, des Pythons et des Cerbères dont symboles ou images, les Anciens tenaient la conception pour effectible?
Les gnomes et les esprits aériens ont des vibrancés qui se manifestent même à nos sens, malgré notre primitivité d'intellect, et ce, grâce à l'interprétation symphonique des Musiques.
Point n'est besoin qu'ils se réalisent ici bas, puisque tel n'est pas leur attribut. Ils sont esprits, donc médiateurs ; bons et méchants ainsi que nous, et comme nous perfectibles.
Leur essence vitale procède du Feu, et ce Feu vivifie les mondes.
Pourquoi ces tentateurs nocturnes des heures de rêve, au corps visible, mais non palpable, parce que créés d'air, de flamme et d'un impondérable effluve terréen, ne seraient-ils pas causes, puisque demeurent leurs effets ?
Ces excursions au pays de l'immatériel Endehors, absorbent le véritable Artiste, jusqu'à
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l'heure de l'éclosion qui solutionnera son enquête par une triomphale Assomption.
Elles motivent à n'en pas douter, pour son âme, des nuits de solitude et de liberté d'envol, le corps volontairement paralysé, figé dans l'attitude de l'extatique vision.
Et, lorsqu'épuisée par ces mêmes tortures que lui imposa la Matière, cette âme se délivre, laissant à son néant l'ingrate compagne, géhenne de ses envols, s'évoque le principe de la Vie, rayonnant en sa béatitude, par delà les espaces.
Et c'est l'Apothéose de l'Idée, victorieuse des Sens.