CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE
A côté de l’étiologie propre à la luxation congénitale, étiologie dans laquelle se manifestent la frénes de cette malformation sur le sexe féminin (87,5 % d’après de nombreuses statistiques) ; l'influence de l’hérédité, la possibilité d’une autre malformation {pied bot, genu recurvatum), les modifications que nous venons d'observer ont-elles une étiologie particulière?
Il est très difficile de l’aflirmer, car de nombreuses observations ne relatent aucun signe clinique, aucun anamnestique et décrivent uniquement les aspects | rädiographiques.
Fréquence. — Un point semble définitivement acquis: la fréquence de ces modifications. Notre maitre, M. Frœlich, les a décelées dans 46 % des cas revus après dix ans dans une statistique de vingt-six hanches réduites. Trèves, sur trois cas, atteint un. pourcentage plus élevé. Tous les autres auteurs constatent que, lé plus souvent, le col et la tête fémorale sont le siège de modifications anatomiques importantes.
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Sexe. — Parmi nos trente et une observations, nous relevons vingt-trois filles pour huit garçons. Le sexe mâle serait donc atteint dans une proportion de 25% par rapport au nombre global des luxés: mais, si nous tenons compte de la prédominance de la luxation dans le sexe féminin, nous voyons que, toutes proportions gardées, les garçons sont peut-être en Le un peu plus prédisposés à ces déformations .
se — il est. impossible de situer d’une . façon précise l’apparition des modifications. La plupart du temps, les malades ont été revus alors qu’ils devaient, de par la gêne légère ou les quelques lancées qu'ils éprouvaient depuis quelques années dans la hanche, être déjà porteurs, depuis un certain temps, d’une épiphyse plus ou moins modifiée. Si l’on s’en rapporte à l’apparition plus où moins nette de ces quelques légers phénomènes, il semble que l’âge le plus commu de ces accidents tardifs soit entre douze et seize ans. Nové-Josserand dit les avoir observés au plus tôt sept ans, au plus tard vingt ans après la réduction. Nos sept dernières observations, en particulier l’observation XXIV, prouvent qu’on peut les rencontrer cinq et six ans après la réduction. Ce fait important, sur lequel nous reviendrons, nous rapproche des déformations analogues décelées par la radiographie pendant et aussitôt après le traitement. En tous cas, leur date d’apparition semble coïncider avec la période de croissance osseuse et des ostéomyélites dites de Croissance.
Localisation. — La ‘hanche gauche, aussi bien que
la hanche droite, est atteinte par ce processus déformateur.
Sur trente et un cas,'nous avons sept luxations. doubles avec déformation bilatérale, soit une proportion de 22 %.
Sur dix luxations congénitales doubles, nous trouvons quatre cas où un seul côté est déformé. Les déformations ne sont donc pas favorisées par la luxation double et n’intéressent pas forcément les deux hanches, puisque nous retrouvons la proportion générale. donnée par M. Frœlich.
Hérédité. — Au même titre que la luxation, ces modifications tardives sont-elles héréditaires? En l'état actuel de la Te il est impossible de le SAVOIr.
L'hérédité pathologique, à lexelusion de la luxaon, est très peu chargée, au point que la grande partie de nos observations n’en fait pas mention. Nous ne trouvons signalée qu’une seule fois la tuberculose chez un collatéral, une autre fois la malade avait des dents d’Hutchinson, toutefois elle était en bonne santé.
Age de la réduction. — Nos observations se répartissent ainsi :
19 réductions à l’âge de trois ans et au-dessous; 3 — — de quatre ans; — — de cinq ans; — — de six ans; ei ou es -dersépt ans.
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Il ne semble pas que l’âge auquel le sujet est opéré influe sur l’apparition des déformations; toutefois, pour que la conclusion soit ferme, il faudrait, ce qui nous manque, connaître une statistique concernant tous les enfants opérés au-dessus de cinq ans. Si l'apparition ne semble pas influencée, la valeur de ces déformations, ainsi que la montré Rœderer, semble accrue par une opération tardive.
Difficulté de la réduction. — Trois fois seulement 1l s’est produit une reluxation au cours du traitement. Une nouvelle opération a été nécessaire et la durée du traitement s’est trouvée prolongée. Nulle part ailleurs on ne trouve signalé que la réduction ait été particulièrement pénible; au contraire, la facilité de l'opération est notée dans un cas. Dans quatre cas cependant, l'observation fait remarquer que la luxation était très prononcée.
T1 est impossible de conclure que la difficulté de la réduction prédispose aux modifications de la: tête fémorale.
Influence du traitement. — Les observations, autres que celles de notre maître, portent simplement la mention : réduction non sanglante; aussi, ne pouvonsnous en tirer aucun enseignement quant à la durée de la période d’immobilisation et à la date à laquelle le sujet: a repris la marche.
En nous basant uniquement sur les cas de M. Frcœlich, nous voyons que la durée d’immobilisation et
l’époque à laquelle les enfants ont commencé à marcher sont sensiblement les mêmes et ne paraissent avoir aucune influence.
Passé pathologique. — Les sujets sont toujours en bonne santé, ils sont nés à terme et. aucune difficulté à l’accouchement n’est signalée.
Le fait que, sur 29 observations, on ne trouve rien de noté dans 24, montre que le passé pathologique est peu chargé et n’a rien d’anormal.
Dans l’Obs. I, la malade a eu, douze ans après la réduction, une appendicite opérée à chaud, et seulement depuis a ressenti des douleurs dans les hanches.
Dans l’Obs. VIT, la malade aurait eu de l’albumine. On est en droit de se demander si cette albuminurie n’aurait pas été consécutive à une angine méconnue.
Dans les Obs. III, IV, V, VI, les sujets ont éprouvé des douleurs dans les hanches à l’époque de leur formation; mais leurs règles ont apparu à une date voisine de la normale.
Dans lObs. X, la malade, qui est chétive et n’est pas réglée à treize ans et demi, semble un peu en retard sur l’apparition physiologique.
Dans l’Obs. IIT, la fillette est très obèse.
De la statistique de M. Fraœlich, il résulte que souvent la formation est un peu retardée et quelquefois douloureuse. Si l’on rapproche ces faits de l’'Obs. ITT, on peut se demander s’il n’y a pas une légère insuffsance endocrinienne.
En résumé, l’étiologie n’est souvent autre que celle des luxations congénitales; cependant, il semble que lon puisse retenir dès maintenant la possibilité d’une infection (Obs. I, appendicite; Obs. VI, albuminurie) et d’une insuffisance endocrinienne (Obs. HIT, IV,