‹ L'Ostéo-Arthrite déformante juvénile: et les Modifications tardives (champignon, tampon de wagon) de la Tête fémorale, dans les Luxations congénitales réduites par la Méthode non sanglanteChapitre 41 sur 64 · CONSIDÉ RATIONS RADIO-CLINIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉ RATIONS RADIO-CLINIQUES

Le médecm, en présence des signes cliniques et -des constatations radiographiques, est toujours frappé de leur disproportion. Alors que l’examen du malade pouvait laisser croire à un rétablissement anatomique parfait, la radiographie montre des déformations souvent très accentuées. On peut ici appliquer la phrase de Mouchet, à propos de l’ostéoarthrite déformante juvénile: « La clinique n’est rien, la radiographie est tout ». Si le médecin est ‘prévenu, il saura que les moindres détails cliniques devront être fouillés parce que, si faibles soient-ils, ils sont révélateurs d’une modification de la tête fémorale.

Dans notre étude radiographique, nous avons rencontré différentes images. Comment pouvons-nous les expliquer? Pouvons-nous les rattacher à une même cause, et quel est leur ordre chronologique?

L'étude comparative de nos observations nous montre que les radiographies, qui décêlent une perméabilité plus grande aux rayons X, semblent être celles se rapportant aux malades les moins éloignés

de la période du début. L’aspect de fragmentation du noyau paraît, dans l’Obs. VII, correspondre à la - période d’état; en effet, dans l’étiologie, nous avons noté la fréquente coïncidence de l’établissement des règles et du début de l’affection; or cette malade, à l’époque où une marche un peu pénible provoque une boîterie, où la radiographie montre un noyau osseux qui semble être formé de trois fragments, est réglée depuis trois mois seulement.

Les déformations prononcées, l’aplatissement, le tassement, l’épaississement de la tête et du col, la coxa-vara, la coxa-valga apparaissent, au contraire, chez des malades dont le début de l'affection peut être situé à une date assez lointaine.

-La diminution d’opacité de certaines zones est facilement expliquée par une décalcification qui peut être assez importante pour intéresser la tête, le col et même quelquefois une partie de la diaphyse et du cotyle.

La fragmentation du noyau correspond à une recalcification partielle. L’épiphyse décalcifiée se laisse traverser facilement par les rayons X et se projette sur la plaque par une teinte fondamentale sur laquelle se détachent des zones plus claires, mais moins perméables aux rayons parce que recalcifiées.

Nous considérons le terme de fragmentation du noyau comme impropre et ne répondant pas à la réalité. Si nous avions des fragments nous pourrions, par leur assemblage, reconstituer un tout : c’est impossible; et surtout nous pourrions délimiter d’une façon précise chaque fragments or, chaque zone:

“laire vers ‘ses limites fond insensiblement sa teinte dans la teinte fondamentale.

Ces quelques considérations nous aménent à rattacher à une même cause les diverses images radiographiques.

Nous pouvons considérer :

Une première période, que nous n’avons pas observée, mais que Nové-Josserand a rencontré, dans laquelle il se produit une décalcification plus ou moins massive de l’épiphyse;

Une deuxième période, durant laquelle ke noyau osseux se recalcifie (Obs. VIII, XXIV)::

Une troisième période, chiant laquelle la recalcification est plus ou moins bien réalisée, ce qui explique les zones plus perméables et les différences d’opacité massives signalées dans les observations. A ce stade, les déformations caractéristiques de lépiphyse, qui sont déjà amorcées, se constituent définitivement.

Nové-Josserand a pu, dans un cas, s’assurer que la décalcification coïneidait exactement avec les accidents. Le stade de décalcification marque donc la première manifestation de la maladie et l'apparition des symptômes. Le stade des déformations définitives marque l’aboutissant de l’affection, tandis que les symptômes s’amendent. La fugacité et ie peu d’acuité fréquents des symptômes expliquent que, le plus souvent, les malades sont vus ou accidentellement, ou tardivement, au stade des déformations définitives. :

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