CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE
Cette maladie est considérée par de nombreux auteurs comme très rare. C’est, nous semble-t-il, une excuse inconsciente à sa non description avant 1910, car depuis cette époque les cas publiés sont nombreux; nous avons pu en retenir près de deux cents, dont les radiographies et les observations étaient assez nettes et caractéristiques. pour être affirmatives. Nous croyons cette affection assez fréquente, puisque dans . ces dernières années sont publiés la plupart des cas. Ce phénomène peut s'expliquer par lobservation assez récente des symptômes souvent frustres, passavers et décevants.
Sur la foi des auteurs allemands, on admet que PC. A. D. J. est beaucoup plus fréquente chez les’ garçons que chez les filles; les uns disent dans la proportion de 80%, les autres 70%. Mérme, dans sa thèse, conclut à 80%; enfin, les statistiques incorporant les déformations survenues chez les luxés congénitalement, montrent qu'il y a au moins autant d’atteintes chez les filles que chez les garçons. Il y a une grande difficulté à préciser cette proportion, certaines observations ne mentionnant pas le sexe
du malade. Toutelois, d’après ce que nous avons eu sous les yeux, à l’exclusion des cas concernant les luxés congénitalement, la proportion pour les garçons serait de 53%. Il n’y a done pas grande différence.
L'écart vient de ce que le pourcentage de 80% a été établi alors que l'affection était très mal connue et de ce que les auteurs ont calculé sur leur propre statistique. Le hasard a voulu que l'élément masculin l’emportât sur l’élément féminin dans les statistiques ayant servi de base.
L'O. A. D. J. est une affection dela seconde enfance,
les âges auxquels on la rencontre varient peu suivant
les auteurs : entre cinq et quatorze ans, avec peut-être un maximum de fréquence vers dix à douze ans. Il est bon de dire qu'un cas a été décrit chez un enfant de deux ans et demi et que, dans tous les cas vus sur des sujets ayant dépassé l’âge de seize ans, on ne trouve pas ce que nous décrirons plus loin comme le début de la maladie.
Les enfants atteints ont-ils une hérédité chargée? Tout le monde est d'accord pour dire que non. Dans la plupart des cas, la syphilis ou la tuberculose ne sont pas décelables chez les parents. Schwarz a signalé l’O. A. D. J. chez deux frères, Calvé chez un frère et une sœur, Brandes dans trois membres de la même famille, Lévy dans trois générations successives; Edel, Kreuter et Wagner chez le père et le fils; Kuttner chez le fils, le père et le grand-père.
Se basant sur ces faits, les auteurs allemands ont une tendance marquée à conelure à l’hérédité de FO. A. D. J. Les diagnostics posés quant aux ascen-
dants ou collatéraux sont souvent des suppositions, des diagnostics post-mortem, non contrôlés par l’autopsie. Les auteurs ne rapportent aucune observation détaillée, aucune radiographie. Il est très délicat de se faire une opinion; cependant, Brandes signale un cas plus net où, dans une famille, un enfant sain s’est mtercalé entre deux autres malades. En présence de tels faits, rares, non contrôlables, il est seulement prudent de conclure qu’exceptionnellement on peut trouver des ascendants ou des collatéraux du malade ayant présenté une affection de la hanche.
L’O. A. D. J. atteint des enfants normaux, nés à terrne, et dont la mise au monde n’a pas été incidentée. Selon l’expression américaine, les sujets sont des enfants bien nourris. Il faut cependant noter l'Obs. Il, de Bibergeil (Zeit. f. Orth. Chir., 1912), où il y a coexistence d’un genu valgum et de pieds plats, et aussi la récente communication de Nové-Josserand à la Société de Chirurgie de Lyon (16 février 1922), concernant une fillette qui présente, avec une O. A. D. J. bilatérale, un pied bot congénital et une sacralisation de la cinquième lombaire.
. Le passé pathologique des malades n’est jamais chargé. Certains auteurs, Ely en particuher, ont observé que certains sujets étaient porteurs de grosses amygdales et avaient des angines à répétition. Sorrel a décrit une furonculose tenace pendant la durée de l'affection. Quelques fiHettes présentent un retard dans l’apparition physiologiques des règles; ce fait est à rapprocher d’un cas de notre camarade le docteur Mathieu, où des règles précédemment nor-
males furent suspendues pendant l’évolution de la maladie. Il est à retenir que l’O. A. D. J. survient à l’époque des ostéomyélites de croissance et, chez les fillettes, s’installe au voisinage de leur formation.
Nous avons dit que les antécédents personnels du malade ne présentaient rien de bien particulier; pourtant, dans une proportion de 90%, le patient où son entourage accuse un traumatisme. Chaque fois que l’observateur se fait préciser la nature, la violence de ce traumatisme, il le trouve insignifiant; aussi, est-on en droit de se demander si le choc, la chute ne sont pas des causes recherchées ou suggérées, surtout si l’on songe qu’à cet âge, nombreux sont les pete traumatismes journaliers des enfants.
L’O. A. D. J. est le plus souvent unilatérale, et le côté droit est aussi bien atteint que le côté gauche; la bilatéralité est assez rare: dans ces dernières années, le nombre relaté est plus fort qu’on ne l’admettait au début, et la proportion de 7 à 8% qui était admise semble trop faible. :
Ÿ a-t-il une influence de certaines conditions géographiques? Il est actuellement impossible de le savoir. Les Allemands sont, certes, ceux qui ont le plus écrit sur éette maladie; mais, il faut le dire, la clarté manque souvent, et nombreuses sont leurs observations peu concluantes. Si l’on se reporte aux cas publiés depuis 1919, on en trouve un peu partout; il semble qu’il n’y a pas une répartition Ron pIEe spéciale pour l'O. À. D: .