INTRODUCTION
Le 5 octobre 1921 se tenait, à Strasbourg, la troisiême réunion annuelle de la Société française d’Orthopédie. La question à l’ordre du jour était: « Les résultats éloignés dans le traitement des luxations congénitales de la hanche par la réduction non sanglante ».
A la fin de son remarquable exposé, M. le professeur Froœlich, parlant des déformations tardives de la tête fémorale, déformations en champignon, en tampon de wagon, se posait cette question : « De quelle nature sont ees modifications? » Après avoir envisagé plusieurs hypothèses, parmi lesquelles lostéo-arthrite déformante, il disait: « Ici, nous restons dans le doute jusqu’à plus ample informé ».
Après discussion, les conclusions de M. Frœlich étaient adoptées; aussi, quand notre maître nous proposa comme sujet de thèse inaugurale : « L’ostéoarthrite déformante et les modifications tardives de la tête fémorale dans les luxations congénitales», fâmes-nous à la fois heureux et un peu effrayé. Question d'actualité, sujette à controverses, se rattachant à une maladie sur laquelle on discute non seulement quant à ses modalités, mais encore quant à son exis-
tence! Bref question pleine d'intérêt, mais combien difficile à traiter dans un premier écrit |
Dans ce modeste travail, notre ambition n'ira pas jusqu’à vouloir dissiper le brouillard qui plane sur ce sujet; mais nous serons heureux si, dans une faible mesure, nous avons aidé à diminuer l’opacité de ce voile et à montrer quels sont, à notre avis, les divers rapports et de l’ostéo-arthrite déformante et des modifications tardives de la tête fémorale dans les luxations congénitales.
Nous ferons en sorte que notre travail mérite le nom de thèse, et pour cela nous tâcherons de tirer toutes les réflexions et les conclusions que peuvent sugoérer nos observations; toutefois, la question est trop à l’ordre du jour pour que nous ne soyons pas obligé de faire en même temps une sorte de mise au point, en tenant compte de tout ce qui a été écrit jusqu’à ce jour. Il nous a paru indispensable, pour bien discuter et bien comprendre ce sujet, d'envisager d’abord quelques considérations anatomiques et radiologiques, de dresser un tableau, tel qu’on peut l’établir à l’heure actuelle, de lostéo-arthrite déformante juvéaile. Pour ne pas nous égarer, nous n’étudierons dans cette partie que les données nécessaires à notre travail.
Nous avons été amené à considérer quatre parties. Dans la première partie, après avoir défini les déformations que nous entendons étudier, et fait l’historique de la question, nous étudierons quelques notions spéciales de l’anatomie d’une‘hanche normale et d’une hanche luxée, puis réduite; nous insisterons sur les diverses influences modificatrices de l’image radio.
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graphique. Ces quelques notions nous seront indispensables pour une bonne Abe ennPR et pour l'étude pathogénique.
Dans la seconde partie, après avoir mis au fronton de notre travail nos observations, nous tirerons les conclusions étiologiques, cliniques et radiographiques que leur étude nous suggérera.
Dans la troisième partie, nous étudierons l’étiologie, la description clinique et radiographique, de l'O. A. D. J. Cette question étant très discutée, nous serons amené à étudier les rapports de l’ostéo-chondrite déformante juvénile avec l’O. A. D. J., afin de pouvoir donner quelques précisions sur l’avenir des malades. Nous traiterons l’anatomie pathologique de l'O. A. D. J., parce qu’elle nous servira plus tard; elle complétera l’anatomie des déformations survenues chez les luxés congénitalement. Pour appuyer cette partie ‘de notre travail, nous donnerons une observation inédite. Enfin nous tâcherons d'identifier l'O. A. D. J. aux déformations que nous avons vues précédemment.
Dans une quatrième et dernière partie, nous Inspirant de cette identification, nous envisagerons les essais pathogéniques, le diagnostic, le pronostic et le traitement des modifications de la tête fémorale.
Certains chapitres seront fatalement disproportionnés; dans toutes les questions nouvelles, le champ est ouvert aux hypothèses, et nombreux sont les points précis auxquels on ne peut répondre.