CHAPITRE PREMIER Anatomie pathologique
Nous ne prétendons pas faire ici de l'anatomie pathologique de la luxation congénitale et des lésions de l’ostéo-arthrite tuberculeuse, une étude complète.
L’anatomie de la luxation congénitale à été étudiée d’une façon complète dans plusieurs thèses (1) et dans les traités spéciaux ; d’autre part, l’arthrite tuberculeuse est très bien connue aujourd’hui, et leur association ne nous a présenté rien de particulier.
Nous voulons seulement rappeler quelques points particuliers qui nous serviront à comprendre ia symptomatologie de l’affection que nous étudions.
Comme nous le ferons remarquer ultérieurement, les malades qui font le but de ce travail sont surtout des sujets qui ont déjà marché plusieurs années avant l’apparition de l’arthrite tuberculeuse. Cette remarque a son
(1) Thèse Delanglade, Paris, 1896, Thèse Guerlain, Paris, 1806, Thèse Dupré, Paris, 1891.
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importance, car les lésions de la luxation congénitale diffèrent suivant qu'on les considère chez un enfant qui
a peu ou point marché, par exemple au moment de la
naissance, où elles sont primitives et. à l’état de pureté ;
ou suivant que le malade a marché, et dans ce cas, elles sont dénaturées en quelque sorte par suite des condi-
tions nouvelles d'équilibre, et se compliquent de modi-
fications du côté des ligaments des muscles et des os.
Ce sont ces lésions dont nous allons principalement
nous occuper.
Squelette. — La cavité cotyloïde ancienne regarde presque directement en avant et en bas : elle est souvent rudimentaire et comblée partiellement par du tissu fibro-graisseux et par des exostoses : d’autres fois, on la trouve presque intacte. En général, elle a une forme triangulaire, la base correspondant à la partie supéroexterne du trou obturateur, le sommet se trouvant au-dessous et un peu en dehors de l'épine iliaque antéroinférieure. L’aile iliaque est rejetée en dedans, l’ischion en dehors : au-dessous de l'épine iliaque antéro-inférieure, la gouttière du psoas iliaque est très profonde. La branche horizontale du pubis et l'ischio-pubienne sont allongées et minces. L'os iliaque est grêle.
Capsule et ligaments.— Généralement la capsule s'est étirée sous l'influence de la station verticale et de la marche : elle affecte alors souvent la forme d’un sablier : la partie antérieure embrasse le cotyle ; la postérieure, la tête et le col du fémur; entre ces deux parties se trouve l'isthme.
Au point où la tête fémorale vient appuyer sur l'os iliaque, la face externe de la capsule « peut adhérer
on
« plus ou moins fortement au périoste de la fosse « iliaque externe. L'adhérence peut étre tout à fait « intime et la capsule s'user à ce niveau à tel point « qu’elle disparaît (1) », elle semble alors s’insérer à tout le pourtour supérieur d’une nouvelle cavité articulaire. |
On peut alors constater une nouvelle cavité cotyloïde
plus ou moins profonde, au-dessus et un peu en arrière
de l’ancienne dont elle est séparée par un rebord peu élevé. Le fond est tapissé par le périoste, Ce nouveau cotyle est dû aux frottements répétés de la tête du fémur qui excitent l’action des vaisseaux du périoste de l'os iliaque et les force à déposer une nouvelle substance osseuse. Ce néocotyle n'existe pas ou bien il est très rudimentaire dans les cas où la capsule reste interposée entre les surfaces articulaires, sans être perforée, ce quiest le cas le plus fréquent.
Dans ce dernier cas, on a moins trouvé une bourse séreuse développée entre les deux surfaces (2).
Les faisceaux de renforcement de la capsule (ilioischio et pubo-fémoraux), présentent des modifications importantes : ils sont tous les trois considérablement épaissis ; dans une pièce appartenant à une fillette de 8 ans, le ligament en Y mesurait plus d’un centimètre d'épaisseur (1). De plus, ils présentent des modifications dans leur longueur : ils sont rétractés en avant, allongés en arrière : la rétraction est surtout très marquée sur les deux faisceaux de l’ilio-fémoral (Delanglade).
(1) Guerlain.
(2) Guerlain, Cruveilhier,