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, armé. Dans le même ordre d’idées, il nous faut signaler les trois observations de MM. Oudard et Jean, exposées à la Société de Médecine militaire (1921), et celle d'Yvernault, parue dans la Revue d'orthopédie, en 1922.
Nous-même avons eu l’occasion de prendre, à l'hôpital Desgenettes, une observation intéressante par plusieurs points et qui synthétise en quelque sorte tout ce que nous avons énoncé jusqu’à présent
. Raus.. Eugène, du 99° régiment d’infanterie, recrue de la classe 1923, entré le 15 mai au régiment, fut classé dans Ie service armé par le conseil de révision, auquel il n’osa soumettre aucune réclamation, Il commença ses classes mais fut rapidement remarqué par le médecin pour une claudication assez marquée ct envoyé à l’hôpital avec le diagnostic d’ancienne coxalgie. Nous l’examinâmes à ce moment.
Dans ses antécédents personnels, on ne relève aucune maladie de l'enfance, Ses parents sont bien portants. A l’âge de 6 ans ,il commenca à boîter, et la claudication alla progressivement croissante. Il ne pouvait, à cette époque, par ticiper aux jeux des autres enfants, et rapidement, la marche lui était une occasion de douleurs dans la hanche droite. Un médecin consulté le mit au lit en extension, mais il ne suivit ce traitement que pendant un mois, au bout duquel ses parents le firent se lever. La claudication persistant, il. resta chez lui, occupé à de légers travaux, jusqu’en 1919. A cette date, il prit le métier d’électricien. Il ne pouvait supporter la fatigue et souvent il éprouvait le besoin, à la fiin de la journée, de s’étendre pour faire disparaître une légère douleur dont, au réveil, il ne restait aucune trace.
On se trouve en présence d’un sujet de taille moyenne, bien constitué, robuste, sans aucun stigmate de rachitisme. Dans la station debout, il repose de préférence sur le membre
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gauche, pour éviter le réveil de douleurs possibles. A la marche, il présente un signe de plongeon assez net à droite; l’atrophie des fessiers du même côté est assez marquée. Légère scoliose de compensation. Lorsqu'on fait passer le malade de la position debout à la position couchée, on perçoit très nettement des craquements au niveau de son articulation. Ce qui frappe surtout dans cette position, cest'ile raccourcissement assez sensible du membre droit et la rotation en dehors de la pointe du pied. Le raccourcissement mesuré de l’épine iliaque antéro-supérieure à la tête du péroné est de 1 cm. L’atrophie musculaire de la cuisse est de 4 cm. à 12 cm. au-dessus de la rotule. L’abduction et la . rotation interne sont limitées. La tête est perceptible à droite au niveau de la base du triangle de Scarpa et le trochanter est saillant, Un seul point douloureux à la pression au niveau de la tête et à condition d’exercer une forte pression.
Le trochanter dépasse la ligne de Nélaton Roser, de même que la ligne de Schremaker tombe au-dessous de l’ombilic ce qui indiquerait une ascension du grand trochanter et peut-être une coxa-vara. En bâtissant le triangle d’Oxton Bryant, on remarque que la ligne horizontale droite est inférieure de 2 em. à la gauche ; l’hypoténuse est plus court de 0 cm 5 (léger raccourcissement du col) ; la verticale est diminuée de 2 cm. (projection en avant du trochanter).
La radiographie nous montre un aplatissement typique de la tête, en champignon. Son orientation a subi un changement : elle a effectué un véritable mouvement de bascule en dehors, én bas et en avant et a ainsi pris la forme d’un ovoide transversalement disposé. Par transparence, on aperçoit la ligne bitrochantérienne à la suite de laquelle on soupçonne le col la surplombant, masqué par la chute en avant de la tête que nous avons vue être facilement perceptible au palper. Le trochanter, saillant, est remonté, par suite de l’affaissement de la tête. La cavité cotyloïde ne se trouve occupée par la moitié interne de l’ovoïde céphalique que dans ses trois quarts supérieurs ; son toit présente un sourcil épaissi.
Ce militaire a été proposé pour le service auxiliaire. Il nous a été donné de le revoir deux mois après son passage dans l’auxiliaire. Il remplit les fonctions d’électricien à son régiment et n’est pas surmené. I] n’accuse plus de phénomènes douloureux : il ÿ a une très notable amélioration de sa boiterie et les craquements ont disparu.
Nous retenons de cette observation que :
1° Sous l’influence de la fatigue, le malade éprouvait parfois quelques douleurs fugaces.
2° Dès son arrivée au régiment, des signes. d’arthrite se sont manifestés, dus, soit aux traumas répétés subis par la tête déformée, soit à la réapparition du processus morbide latent, soit encore à ces deux facteurs
associés.
3° Deux mois après, ce malade, revenu aux occupations de sa vie normale, a déjà vu rétrocéder ces
phénomènes d’arthrite.
La possibilité du service armé n’est pas à discuter, car il implique des efforts nuisibles à l'articulation. D'autre part, les hommes anciennement atteints d’ostéochondrite ne peuvent être, pour la plupart, considérés comme des infirmes, et cependant ils sont susceptibles de le devenir. On ne peut les réformer, car, sous certaines conditions, ils peuvent rendre des services. Ces conditions trouvent leur réalisation dans
le service auxiliaire.
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En principe, un auxiliaire est secrétaire ou planton. Le premier de ces emplois peut être considéré comme un emploi de choix pour un homme atteint d’ostéochondrite; mais toutes les recrues ne sont pas aptes à le bien remplir. Le second emploi ne saurait lui convenir, car il se trouve appelé à faire fonctionner l’articulation plus ou moins fréquemment et de façon plus ou moins prolongée. Mais il existe encore toute une série d'emplois (gardes-magasins, ouvriers, etc...), qui peuvent lui être attribués et qui ne présentent aucun danger, l'hypothèse d’une évolution fatale vers l’arthrite, chez un individu donné, étant mise à part. Le mieux serait, dans la mesure des possibilités, d’affecter ces hommes à un emploi similaire de leur emploi
Mais si ces hommes peuvent remplir les différentes obligations qu’implique le service auxiliaire, il faut tenir compte de deux facteurs susceptibles d’intervenir en faveur de la mise en train d’une arthrite :
1° Des exigences possibles d’une autorité militaire qui n’est pas avertie des aggravations susceptibles d’apparaître chez ces sujets ; 2° des règlements d’après lesquels les auxiliaires sont appelés à recevoir une instruction se traduisant, pour uné large part, par de l'exercice. Ces deux écueils nous semblent évitables : si le médecin militaire averti exerce une certaine surveillanc sur ces hommes. C’est à lui que doit incomber le soin de contrôler l'emploi auquel on les affecte, de donner des conseils en ce sens aux commandants
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d'unités et c’est en s’entourant de ces précautions que ces soldats pourront accomplir leur devoir militaire sans qu’il soit pour eux la cause d’une diminution de leur capacité fonctionnelle et sans que la responsabilité de l'Etat se trouve engagée.
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