A TOUS MES AMIS ET CAMARADES D'INTERNAT
L'Ostéoclasie par perforation préalable sous-cutanée dans le Redressement des Courbures rachitiques des Membres inférieurs (Tibia en particulier)
L’ostéoclasie pour le redressement des courbures rachitiques des membres inférieurs, et du tibia en partculier, fut pratiquée couramment avant l’apparition de l’asepsie en chirurgie.
Il s'agissait alors soit d’ostéoclasie manuelle, soit
d’ostéoclasie.instrumentale.
L’inconvénient de l’ostéoclasie manuelle résidait surtout dans le fait qu'il était difficile de fracturer exactement l’os a l'endroit d'élection, c’est-à-dire au sommet de la courbure rachitique et de pratiquer une fracture transversale franche non esquilleuse.
On sait en effet que le point de moindre résistance du tibia siège à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur de l’os. Lorsque le maximum de l’incurva-
tion rachitique siège en ce point, et cela est évidemment un des cas les plus fréquents, on pouvait espérer produire une fracture à l'endroit d'élection.
Il n’en allait plus de même lorsqu'il s'agissait de courbures hautes ou basses et, dans ces cas, la rupture de l’os se produisait le plus souvent au point de moindre résistance, qui ne correspondait plus au point maximum de l’incurvation ; et ceci se produisait d'autant plus facilement que l’on pratiquait l’os-
téoclasie à une phase où le rachitisme avait terminé son évolution, On connaît en effet la dureté et l'épaississement de l'os, à cette période, au niveau du
maximum de sa courbure.
L’ostéoclasie instrumentale a été plus fréquemment pratiquée. Les ostéoclastes de Robin, de Collin, de Lorenz-Stille, de Schulze ont été les plus employés.
A l’aide de ces ostéoclastes, on pouvait localiser plus exactement qu’à la main le siège de la fracture ; mais ils offraient parc contre de gros inconvénients. La fixation de ces appareïis ne va pas sans entraîner une attrition dangereuse des parties molles. De plus, lorsqu'on doit la pratiquer au voisinage d’une articulation, la fracture de l’os détermine fréquemment des épanchements articulaires, pouvant s’organiser à la faveur de l’immobilisation et entraînant à la suite des raideurs et des troubles fonctionnels graves et persistants ; ces troubles fonctionnels pouvant également être déterminés par des déchirures ligamentaires et les importants décollements périostés que peut entrai ner une ostéoclasie instrumentale au voisinage d’une articulation.
Enfin, l’ostéoclasie ne peut s'appliquer qu’à de jeunes enfants et demeure impraticable chez l’adolescent. . L'ostéoclasie, telle qu'elle était pratiquée, soit manuellement, soit instrumentalement, a donc des indications de plus en plus limitées et actuellement a cédé le pas à l’ostéotomie.
CNT NES
En présence dé ces inconvénients de l’ostéoclasie et toujours pour éviter la méthode sanglante de redressement des courbures rachitiques, certains auteurs ont essayé de redresser les os sans les briser. Si cette technique reste possible à une période relativement précoce du rachitisme, une fois celui-ci fixé, on a souvent besoin de recourir à des artifices pour ramol- Br le squelette avant de tenter le redressement. Rôpke et Anzoletti sont parvenus à réaliser une atrophie osseuse par le séjour préalable du membre à redresser dans un appareil plâtré. Ces auteurs rapportent un certain de nombre de cas ou le ramollissement osseux aussi obtenu a été suffisant pour permettre de redresser les os sans les rompre.
Une autre technique de correction orthopédique est celle des redressements progressifs par étapes, avec ou sans plâtre de ramollissement préalable.
Suivant les cas, on applique soit des plâtres successifs, augmentant la correction jusqu’à ce que le résultat orthopédique soit suffisant, soit le plâtre à chambre libre de Ducroquet dans lequel des feutres successifs entraînent progressivement la correction de la déformation. |
Ces méthodes donnent de bons résultats, mais leur inconvénient majeur est la perte de temps qu’elles entraînent.
Les moyens chimiques pour diminuer en un point voulu la résistance d’un os,manquent encore actuellement ; il est certain que le jour où ce procédé pour-
rait être mis au point, un grand pas serait fait en