OBSERVATION XXX VIII
MooNs.— Fracture du condyle interne (97). — Malade de 37 ans. Est debout sur une charrette à bras, calée tant bien que mal pour photographier un cortège militaire. La charrette perd son équilibre au milieu de la foule et le malade glisse à terre les jambes étendues.
Radiographie. — Fracture du tibia en longueur, à travers le plateau tibial avec grand écartement des deux fragments ; arrachement du ligament rotulien.
Opération. — Incision à base supérieure eomme pour la résection du genou avec prolongement vertical vers le bas. Réduction des deux fragments tibiaux avec l’instrumentation de Lambotte. Une vis de Lambotte et un boulon de Depage à travers les deux condyles tibiaux.
er ne. — 137 — Ni - :
Deux sutures Fe . sur itie. Suture métallique une sur le ligament rotulien. PE
Suites normales. Après huit semaines, le malade reprend $ son $service comme aide radiographe. ÉRRSR Ce malade ne fut opéré qu'après seize jours afin de soigner les
phlictènes et l'ecchymose très étendues, IL y avait aussi une forte hémarthrose.
OBSE RVATION XXXIX
Dushiine, — Fracture M interne du tibia (inédite). — F..., Philomène, 59 ans, concierge, entré à l’hôpital le 26 juin 1920. Deux jours auparavant en faisant son ménage, elle est tombée d’une petite échelle directement sur le genou droit. Elle ne peut se relever seule et se met au lit, Le genou enfle rapidement ; impotence fonctionnelle complète, douleurs violentes.
A son arrivée, tuméfaction considerable du genou et rendant l’examen clinique très difficile. Les douleurs interdisent tout examen approfondi.
Radiographie. — De face, fracture du condyle interne à trait vertical. Gros déplacement du fragment. Le fémur qui a suivi le condyle détaché est fortement luxé en bas et en dedans par rapport au reste du tibia.
De profil, on se rend compte que le fragment comprend tout le condyle basculé et dont la face supérieure articulaire regarde en avant directement.
Opération le 1er juillet. Incision interne. On xéduit d’abord par l'extension la luxation du genou, puis par des manœuvres de flexion de la jambe combinées à la prise du fragment au davier, on réduit à son tour la luxation du fragment détaché qui est reposé en sa place normale. Trois vis fixent ce fragment (une des vis se casse dans son trajet mais assure cependant encore la fixation). Réfection des tissus périarticulaires au catgut. Suture cutanée complète.
Suites opératoires, normales. Réunion per primam. Sort de l'hôpital guérie et marchant facilement le 7 août 1920.
Suites éloignées, revue le 5 décembre 1920 :
‘La malade n’a plus que des douleurs vagues et intermittentes, Elle fait son métier de concierge, vaque à ses occupations, marche sans canne, monte facilement les escaliers, mais ne les descend qu'avec
D Het
- la jambe saine. Elle ne peut encore se mettre à genou, « bien qu’elle sente chaque jour de nouveaux progrès ». L'extension est complète, la flexion active dépasse l'angle droit, Quelques légers mouvements de latéralité non gênants. La rectitude du: membre est absolue. Aucun raccourcissement, aucune déviation. Circonférence du membre, 35 cm. 5 au lieu de 32 à gauche. Cicatrice souple un peu douloureuse à la pression du côté des vis.
je 7 = OBSERVATION XL
DUJARIER. — Fracture unicondylienne externe du tibia avec fracture de la tête du péroné (inédite). — M..., Arthur, 46 ans, charretier. Entré à | hôpital le 28 octobre 1920. Il vient de recevoir un coup de pied de cheval sur le côté externe du genou : il n’est pas tombé mais n’a pas pu marcher : (il dit que son genou se pliait en dedans). Pas de plaies, de simples écorchures. Légère hémarthrose. Re
Radiographie. — Fracture du condyle externe du tibia et de l’extrémité supérieure du péroné : il existe plusieurs fragments.
Opération. — Stovaine lombaire, 5 centigrammes.
Incision à lambeau à pédicule postéro-inférieur. Ouverture transversale de l'articulation au-dessus du ménisque ; il s'écoule une notable quantité de sang visqueux. (Il eut peut-être mieux valu passer audessous du ménisque pour y voir plus ‘clair). Il est assez difficile de mettre au jour le foyer de fracture en raison des insertions tendineuses de la région. Un premier fragment interne est vissé au tibia. Avec un davier à dents de lion, on agrippe d’une part la tête du péroné, et on cherche à obtenir une réduction ; on voit distinctement le péroné s’éléver, et on visse sa tête sur l'extrémité supérieure du tibia, Reconstitution de la synoviale et des tissus fibreux périarticulaires aux catguts. Suture de la peau avec drainage filiforme sous-cutané.
Suites opératoires. — Réurion per primam. Le malade est laissé sur une attelle de Bœckél.
La radiographie. post-opératoire montre que le fragment tibial externe abaissé est remonté vers l’interligne articulaire, Une des trois vis surtout paraît mordre en bonne position sur le tibia.
Au vingtième jour, cicatrisation totale ; jambe en parfaite recti-
tude ; la région du genou est encore enflée légèrement, On commence la mobilisation.