V. — Nécroses dues aux agents physiques
L’ostéoradionécrose, facilement éliminable par les antécédents, est intéressante à étudier pour son parallélisme anatomo clinique avec l’ostéothorionécrose.
Le début, quelques semaines ou quelques années après l’irradiation, relève de causes occasionnelles nettement décelables et, parmi celles-ci, l’avulsion dentaire est la plus souvent rencontrée. La nécrose évolue d’une façon très lente, très insidieuse, très progressivement extensive. Elle atteint une grande partie du maxillaire et il s'établit une longue période de suppuration chronique que des poussées inflammatoires viennent entrecouper.
Nous retrouvons ici l’absence de limitation des lésions, la séquestration tardive et la non régénération osseuse témoignant de l’atteinte globale de l’os. Ces nécroses aboutissent également à des séquelles fonctionnelles et esthétiques considérables.
En définitive, nous croyons logique, ne trouvant rien d’autre, d’incriminer le thorium X et de reconnaître en lui la cause première des nécroses observées.
PATHOGENIE
Pour la rédaction de ce chapitre, nous avons fait de larges emprunts à la thèse de DuriEux : « Contribution à l’étude de l’ostéoradionécrose tardive du maxillaire inférieur ». Il est, en effet, logique de penser que la parenté anatomoclinique indiscutable entre l’ostéoradionécrose et les mortifications osseuses étudiées, entraîne une similitude pathogénique.
Deux éléments distincts sont à considérer, dans le mécanisme de l’ostéothorionécrose, d’une part l’action du thorium X sur l’os et, d’autre part, le rôle de linfection.
Avant cette étude, un bref aperçu de ce qu'est le thorium et de son comportement dans l’organisme, nous apparaît comme indispensable.
Généralités sur le Thorium X
Le thorium se rencontrant dans les sables monazités du Brésil et des Indes est un métal lourd (poids atomique : 232.45) faiblement radioactif qui, en se désintégrant, donne naissance au mésothorium I et II, puis au radiothorium et enfin au thorium X.
Ce dernier est un produit qui possède une très forte activité sous une très petite masse puisqu’à égalité de poids, son rayonnement est égal à 200.000 fois celui du radium. La vie de cet élément est, par contre, extrême-
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ment courte, il perd la moitié de son activité en 3,64 jours. L'émanation se désagrège aussi très rapidement ; cette désagrégation presque instantanée lui permet d’effectuer un dépôt radioactif dont la vie est, d’ailleurs, très courte également avant son élimination pulmonaire.