‹ L'otageChapitre 2 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Je n'ai pas le temps de dormir. J'ai beaucoup à causer avec vous.

Voici étrangement longtemps que nous ne nous sommes pas vus, ma cousine.

(Elle se rassied)

SYGNE. — Vous pouvez venir. Tous mes comptes sont là, nets et purs.

Jamais je ne me suis couchée un soir sans qu'avant de faire ma prière je n'aie mis mes registres à jour.

Ceux qui sont là pour la police, et ce petit qui est pour vous. De jour comme de nuit

On peut venir ! Vous trouverez tout clair et en ordre.

COUFONTAINE. — Les comptes ! Ces comptes ! c'est toujours votre premier cri !

Je vous retrouve la même, Sygne ! Notre vieille Suzanne s'est fait une bonne élève.

Rien de tel pour vous apprendre l'écriture qu'un maître qui ne sait pas lire.

Je n'ai pas de comptes à vous demander. Tout est à vous.

L'OTAGE SYGNE. — Pour vous, Monsieur.

Vous êtes le chef, et moi Ja pauvre sibylle qui garde le feu.

COUFONTAINE — Tp „»„•

^xAUMi. — je naime pas cette

lumière.

SYGNE. - Les volets sont fermés, au dedans et au dehors.

On ne peut rien voir. Moi-même, c'est à peine si je vous distingue.

COUFONTAINE, à voix plus tasse, levant ■ un doigt. — IL est ici ?

SYGNE, de même. - U est arrivé, il y à deux heures. Justin l'a amené sur l'âne à travers les bois.

COUFONTAINE. Qu'a-t-i] fait ?

SYGNE. - Il S'est assis, les deux mains sur les genoux, respirant fort comme un homme qui va passer.

Il a demandé un prêtre pour se confesser. J ai envoyé chercher l'abbé Badilon.

Page 1