‹ L'otageChapitre 22 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

son manteau, regardant avec effroi autour de lui).

COUFONTAINE. — Ce n'est pas le soleil de Tivoli et la brise des monts Sabins.

LE PAPE PIE. — Une farouche demeure poqr cette jeune femme seule qui l'habite.

COUFONTAINE. — Elle a un toit sur sa tête et ce pays est le sien.

Je ne vois pas ce qu'elle peut demander davantage.

Plût au ciel seulement que je fusse toujours sec la nuit et que j'eusse toujours la bonne terre de mon pays à mes bottes !

— ■ C'est ici notre grande averse de septembre qui balaye la moisson et qui amollit la lerre pour le labourage.

(Nouveau eoup de veni)

LE PAPE PIE, à demi-voix. — Priez pour que votre fuite ne soit pas en hiver ou par un jour de sabbat.

COUFONTAINE rêvant — Cela me rnp-

pelle l'ancien temps, la grosse mousson de Pondichéry qui nous débarrassait des frégates anglaises.

LE PAPE PIE. — Où sont les anciens maîtres de cette demeure ?

COUFONTAINE. — Ils ne l'ont point quittée, ils n'ont point violé la clôture.

Ils sont rangés côte à côte en bon ordre, les pieds joints, dans le jardin conventuel, les six prêtres, les huit novices et les douze convers.

L'abbé au milieu avec le prieur à sa droite et tous les autres suivant le temps de leur profession.

Par les soins de mon frère de lait et de leur ancien novice qui conduisit leur exécution,

L'an de grâce mil sept cent quatre-vingttreize,

Toussaint Turelure, fils du bûcheron et sorcier Turelure, aujourd'hui baron de l'Empire et préfet de la Marne,

Dans le domaine de qui j'ai conduit Votre Sainteté

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