‹ L'otageChapitre 24 sur 87 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

l'on semait, toute chaude encore comme une galette du feu qui l'avait défrichée.

Comme le poisson de proie dans un trou d'eau, comme l'araignée dans sa toile gluante.

Ils passaient la nuit et le jour à écouter, sensibles à l'homme et au gibier, embusqués sous la fraîche verdure tremblante mélangée de brume.

Qui leur communiquait les odeurs et les bruits ainsi qu'une eau subtile.

LE PAPE, ayant fini de manger se lève et fait le signe de la croix — Deo gratias ! Je vous remercie, mon fils, pour ce repas.

ÇOUFONTAINE. — Rude accueil pour le plus grand roi de la terre !

Du moins vous êtes loin ici de M. le Comte de Chabrol, et du noble Borghèse, et du chrétien Portalis.

Votre Sainteté est en paix pour ces quelques jours.

LE PAPE PIE. — Où voulez-vous me mener ?

COUFONTAINE. — En Angleterre où est le Roi de France.

LE PAPE PIE. — Mon enfant, ne Nous faites pas ce tort de remettre le Pape aux mains des hérétiques.

tTOUFONTAINE. — C'est pour eux que vous êtes ici, refusant de leur être fermé.

LE PAPE PIE. — Il est vrai. Comment donc me laisserais-je interdire de mes propres enfants ?

COUFONTAINE. — La prison ne vous en sépare-t-elle pas ?

LE PAPE PIE. — Où est la croix, là ne cesse pas l'Eglise.

COUFONTAINE, — Venez et soyez libre.

LE PAPE PIE. — Je ne veux pas être libre entre les morts.

COUFONTAINE. — Où vous conduire où César ne soit pas ?

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