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ACTE DEUXIEME

Tous ces biens que j'ai recueillis non pas pour moi,

Ceux de mes ancêtres, celui de ces saints moines,

Je les lui porterai en dot, et c'est pour lui que j'aurai souffert et travaillé.

La foi que j'ai promise, je la trahirai. Mon cousin trahi de tous et qui n'a plus que moi seule,

Et moi aussi, je lui manquerai la dernière !

Cette main qu'il a prise dans la sienne le lundi de la Pentecôte,

Sous l'œil de nos quatre parents exposés devant nous tous ensemble sur cet autel,

Je la lui retirerai. Ces deux mains qui se sont serrées passionnément tout à l'heure,

La mienne est fausse !

(Silence)

Vous vous taisez, mon père, et ne me dites plus rien !

MONSIEUR BADILON. — Je me tais mon enfant, et je frémis !

Je vous déclare que ni moi,

L'OTAGE Ni les hommes ni Dieu même, ne vous demandons un tel sacrifice.

SYGNE. — Et qui donc m'y oblige ?

MONSIEUR BADILON. — Ame chrétienne !

Enfant de Dieu ! C'est à vous seule de le faire de votre propre gré.

SYGNE. — Je ne puis pas.

MONSIEUR BADILON. — Préparez-vous donc. Je m'en vais vous bénir et vous renvoyer.

SYGNE. — Mon Dieu ! Cependant vous voyez que je vous aime !

MONSIEUR BADILON. — Mais non point jusqu'aux crachats, à la couronne d'épines, à la chute sur le visage, à l'arrachement des habits et à la croix.

SYGNE. — Vous voyez mon cœur !

MONSIEUR BADILON. — Mais non point

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