ACTE TROISIEME
Telles sont mes conditions à qui panse d'âne peut être changée.
Ce n'est pas le moment de discuter. La France, pour le moment, c'est moi, Toussaint Turelure,
Préfet de la Seine, général en chef de l'armée de Paris,
A qui tous pouvoirs civils et militaires ont été par Sa Majesté Impériale et Royale remis.
SYGNE. — Vous justifiez sa confiance.
TOUSSAINT TURELURE. — Je suis l'homme de la France et non point d'un particulier.
Le Corse a eu sa chance et moi je prends la mienne où je la trouve.
SYGNE. — Craignez qu'il ne revienne avec ses grandes bottes.
TOUSSAINT TURELURE. — C'est pourquoi il faut choisir son temps avec art, et ce n'est pas pour rien que le Suprême-Artiste (// fait un geste maçonnique)
un
M'a rendu boiteux comme une balance.
Tout dépend de Paris et Paris pour quelques moments est entre mes mains compétentes.
SYGNE. — Pensez-vous tenir ici tout seul contre trois armées ?
TOUSSAINT TURELURE. — L'empereur vient de remporter une victoire à Saint-Dizier, j'en ai reçu la nouvelle à l'instant.
Il me prescrit de tenir bon et de faire le brave, tandis qu'il attache les trois bourriques par la queue.
La route d'Allemagne est coupée, l'Alsace et les Vosges sont pleins de partisans, les places du Rhin ne sont pas prises.
Il y a de beaux jours encore pour l'homme d'Austerlitz.
Et puis ne croyez pas que tous ces larrons soient d'accord ; il y a moyen de négocier. Vous savez que je suis entouré d'émigrés et de renégats.
SYGNE. — Vous n'avez pas de troupes.