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ACTE TROISIEME

SYGNE. — Sois donc mon juge, je l'accepte.

GEORGES. — Dieu est ton juge et je suis appelant à son tribunal, et cette loi qu'il a faite, Lui-même ne peut l'altérer.

Et je te citerai à produire mon gant, car ce qui est une fois donné,

Ne peut être retiré sur la terre et dans les deux.

SYGXE. — Je ne crains rien de Dieu et le Seigneur ne peut plus me déposer.

Car ce qui est assis sur la terre, il n'y a pas de place plus basse,

Et je n'en demande pas de plus haute.

GEORGES. — Tu as manqué à la foi.

SYGXE. — Un grand prix m'était offert..

GEORGES. — Tu as manqué à l'amour.

SYGXE. — Je t'ai fait beaucoup de peine, Georges ?

L'OTAGE GEORGES. — C'est trop. Il ne fallait pas faire cela et ma mesure était suffisante.

Maintenant je vais mourir et être damné et j'ai l'éternité devant moi à me passer de toute consolation. Ne pouvait-il me laisser cette petite heure ?

Ne pouvait-il me laisser un seul cœur fidèle ? une seule Véronique pour m'y cacher la face afin que nul ne la voie, à cette heure où le cœur succombe ?

SYGNE. — C'est moi seule, c'est moi seule qui ai fait cela, qui ai fait cela de ma propre volonté et ne dis pas un mot contre Dieu !

C'est mon mauvais cœur seul qui est la cause !

GEORGES. — Tu m'as manqué et mon enfant m'a été tourné en amertume.

SYGNE. — Que Dieu prenne ma place misérable, et acquitte ce que je ne puis payer !

GEORGES. — Il ne fallait pas faire cela.

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