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SCÈNE IV

(La même pièce au coucher du soleil. Il fait presque nuit. SYGXE étendue sur une grande table dans un coin de la pièce. MONSIEUR BADILON est auprès d'elle. Un flambeau unique brûle dans un grand chandelier d'argent.)

MONSIEUR BADILON. — Sygne, mon enfant, m'entendez-vous ?

(Longue pause. Mouvement de paupières.)

MONSIEUR BADILON, plus bas. — M'entendez-vous ?

SYGNE. — Que dit le médecin ?

MONSIEUR BADILON. — Ma fille, réjouissez-vous.

SYGNE. — C'est donc la mort qu'il m'annonce ?

MONSIEUR BADILON. — Le temps de votre épreuve est fini.

(Bile commence son mouvement familier de la tête et ne petit achever.)

MONSIEUR BADILON, prêtant l'oreille. — « Plus de joie... » Que dites-vous ? ne remuez pas ainsi la tête. Vous rouvrez votre blessure.

Que dites-vous ? « Plus de joie... plus de sang... » (// répète)

« Plus de douleur pour souffrir, plus de joie pour me réjouir. »

(Se parlant à lui-même) Tout est épuisé.

Mais vous allez au ciel et moi je reste dans la désolation.

SYGNE. — Est-il...

ACTE TROISIEME MONSIEUR BADILOX. — Est-il mort ? Georges, votre cousin ?

(Mouvement de paupières.)

Il est mort. La balle l'a frappé en plein cœur. SYGNE. — ... le temps...

MONSIEUR BADILOX. — Le temps de lui donner l'absolution ?

Non on m'a appelé trop tard. Il était déjà mort.

(Silence.)

J'ajoute cette amertume. Mais...

SYGNE. — Je ne m'inquiète pas.

MONSIEUR BADILOX. — Il est vrai. Le grand Dieu pourvoit.

SYGNE. — Ensemble.

MONSIEUR BADILON. — Les deux Coûfontaine ensemble et l'un précède l'autre tour à tour.

SYGNE. — Le parjure.

L'OTAGE MONSIEUR BADILON. — Le voici racheté de votre sang.

SYGNE. — Le serment.

MONSIEUR BADILON. — Non point rompu, mais consommé. En Dieu le Fils qui est assis à la main droite en qui est toute parole achevée.

SYGNE. — Avec lui.

MONSIEUR BADILON. — Avec toi pour toujours, ô mon maître et mon chef. Coûfontaine, adsam.

SYGNE. — Jésus.

MONSIEUR BADILON. — Jésus Notre-Seigneur est avec vous.

SYGNE. — Avec lui.

MONSIEUR BADILON. — Avec vous, le juste et le pécheur inséparables, et l'œuvre ne sera point séparée de l'ouvrier, et le sacrifice de l'autel, et le vêtement du sang qui l'imprègne.

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