‹ L'otageChapitre 76 sur 87 · ACTE TROISIEME SYGNE. — Tout · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME SYGNE. — Tout

MONSIEUR BADILON. — Tout est fini, tout est fait comme il le fallait, l'épouse absoute est couchée dans ses vêtements nuptiaux.

J*ai achevé mon œuvre, j'ai achevé mon enfant pour le ciel.

Et moi je reste seul.

L'enfant de mon àme s'envole, et moi, je reste seul, le vieux curé inutile.

SYGNE (Mouvement de la tête inachevé.)

MONSIEUR BADILON. — Epouse du Seigneur !

Je vous ai absoute, et vous, absolvez-moi à mon tour,

Et cette main que j'ai levée sur vous comme quelqu'un qui consacre et qui sacrifie !

Et dites-moi que vous me pardonnez

Ce mal que je vous ai fait,

Ces paroles que je vous ai dites, ma pauvre colombe, moi pécheur,

Sur l'ordre de Dieu, mon maître, dans l'épouvante de mon cœur,

Afin que Pierre soit sauvé et que votre couronne soit parfaite.

SYGNE. — (Mouvement des yeux.)

MONSIEUR BADILON. — La main ? Que je lève ma main de nouveau et que je la tienne devant vos yeux ?

SYGNE. — (Mouvement des lèvres.)

MONSIEUR BADILON. — Ainsi le pauvre agneau mourant entre ses gencives désarmées prend la main qui vient de l'égorger!

Mais ce n'est point ma main que vous baisez, ô ma fille, mais le Christ en son prêtre qui oint et qui pardonne.

La main du prêtre consacré qui vous a communié si souvent et qui chaque matin tient élevé.

Le Fils de Dieu sous les accidents,

Que vous allez voir face à face.

(// tombe à genoux devant le lit.)

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