‹ L'otageChapitre 77 sur 87 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Et maintenant enfin je puis être lâche et vous montrer mon cœur !

Nul homme ne vous a aimé comme moi, de cet amour que les gens du monde n'entendent pas,

Car Dieu même qui parlait par ma bouche, et qui entendait par vos oreilles,

Est-ce qu'il n'était pas dans notre cœur aussi à tous deux ?

Gloire à Dieu qui a donné l'àme sublime à guider par l'âme la plus basse!

Et quand vous vous mettiez à genoux à mon côté au tribunal de la pénitence,

C'est moi qui du fond des ténèbres m'émerveillais et me prosternais devant vous.

Hélas ! je n'avais qu'un seul enfant et voici qu'on me l'a égorgé !

Souvenez-vous de votre pasteur, petite brebis, qui si souvent êtes venue prendre la nourriture céleste entre ses mains.

(Silence.)

SYGNE (Avec un sourire amer qui s'accentue peu à peu.) — . . Si sainte ?

L'OTAGE MONSIEUR BADILON. — Et quel plus grand amour y a-t-il que de donner sa vie pour ses ennemis ?

SYGNE (Sourire).

MONSIEUR BADILON. — Est-ce que vous ne vous êtes pas jetée au devant de votre époux pour le couvrir ?

SYGNE, presque indistincte. — Trop bonne...

MONSIEUR BADILON. — La mort ? Que dites-vous ?

(// se penche sur elle.)

SYGNE (Elle agite les lèvres).

MONSIEUR BADILON. — « Une chose trop bonne pour que je la lui eusse laissée. »

Et pensez-vous connaître vos intentions mieux que Dieu lui-même ?

(Silence. — Elle commence à respirer péniblement.) Mais je sais que déjà vous lui avez pardonné.

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