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ACTE PREMIER

le banc natif de la meulière couleur de ileur de marronnier.

Et comme le vin de Bouzy n'est pas celui d'Esseaume, c'est ainsi que je suis né Coûfontaine par fait de la nature à quoi les Droits de l'Homme ne peuvent rien.

Ainsi la nation n'avait pas à se fabriquer elle-même ses chefs et ses lois, défendue contre les rêves.

Mais la nature dans toute la France les lui donnait avec ses autres productions, bons ou mauvais, depuis le roi jusqu'au juge,

Au tournant de chaque vallée, au flanc de chaque coteau, chacun en sa saison refleurissant de son pied ou de sa souche,

Comme les fleurs et les fruits en leur variété.

SYGNE, relevant la tête et regardant avec fermeté. — Qu'importe tout cela, Georges ?

COUFONTAINE. — Ce qu'il importe ?

SYGNE. — Dieu l'a voulu. C'est bien. Il n'y

L'OTAGE a pas de notre faute. A quoi bon le bouder et le quereller ?

COUFONTAINE. — Dieu lui-même ne peut m'enlever ce qui est à moi.

SYGNE. — : Rien n'est à nous, tout est à Lui qui est le seigeur éminent.

Et il est donc vrai qu'il ne peut rien nous enlever, mais il peut nous relever nous-mêmes,

De ce poste qu'il nous avait confié.

COUFONTAINE. — Que suis-je sans cette place d'où je tiens mon nom ?

SYGNE. — Cela seul à qui rien ne peut plus être enlevé.

COUFONTAINE. — Moi du moins, il y a une chose que je ne retire pas quand je l'ai donnée.

SYGNE. — Laquelle, Georges ?

COUFONTAINE, tendant la mpin. — Ma main droite.

SYGNE, lui donnant la sienne. — Ni moi celle que je te donne, mon frère !

COUFONTAINE. — Le monde s'est rétréci, mais nous subsistons tous les deux.

SYGNE, à voix basse. — COUFONTAINE ADSUM.

COUFONTAINE. — Tu es ma terre et mon fief, tu es mon parti et mon héritage. Tu es demeurante et véritable.

A la place de cette femme fausse qui est morte et de ses enfants et de la terre.

SYGNE. — Dieu seul est véritable.

COUFONTAINE, d'un ton ambigu. — Cela, nous allons le voir tout à l'heure.

SYrGNE. — Ne va point contre Sa volonté.

COUFONTAINE. — Que savons-nous d'elle?

Quand le seul moyen pour nous est de la contredire.

SY'GNE. — Georges, mon frère ! Parole di-

gne de vous !

L'OTAGE COUFONTAINE. — A tant faire que d'être condamné, Autant s'en assurer pour de vrai.

Et toi ne prends point parti contre moi.

SYGNE. — Que prétends-tu faire ?

COUFONTAINE. — Forcer Ton Dieu à me répondre clairement, Et qu'il montre enfin s'il est d'un côté ou de l'autre !

SYGNE. — O Georges, quoi de plus clair qu'un voleur et que veux-tu savoir encore ?

Heureux qui a quelque chose à donner, car à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

Heureux qui est dépouillé injustement, car il n'a plus rien à craindre de la justice.

Celui qui n'accepte pas le mal, comment recevra-t-il le bien ? C'est ainsi que je vous vois retranché de tout, pauvre frère !

Et moi, parce que j'ai tout accepté, voici que tout m'a été rendu.

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