‹ L'Otite du NotfrissonChapitre 38 sur 79 · FORME AIGUE FRANCHE · texte numérisé non relu

FORME AIGUE FRANCHE

C'est presque uniquement une forme du grand nourrisson. Tantôt c’est en cours ou en fin d’évoluton d’une maladie infectieuse, telle que rougeole ou coqueluche qu’elle apparaît, tantôt l'enfant a du coryza net ou est simplement enchifrené depuis quelques jours, souvent aussi, l'enfant n’a pas présenté le moindre symptôme anormal, mais dans l'entourage, il y a des grippes, des rhumes ou bien la seule cause que l’on peut invoquer est le froid, cette étiologie est quelquefois très nette: l’enfant a

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été sorti au froid pendant la journée. Quoiqu'il en soit, habituellement le soir ou pendant la nuit, l'enfant calme jusqu'alors commence à s’agiter, s’éveille et crie. Il criesans arrêt. Le changement de position, loin de le calmer ne fait qu'augmenter son agitation. On essaie de lui donner à boire, il refuse le sein ou le biberon; s’il vient de boire, il vomit sa tétée. Alarmé de le voir dans cet état, le sentant brûlant, on prend sa température, le thermomètre indique 39°, quelque fois même 4o° ou 41°. Quelques convulsions oculaires apparaissent souvent à ce moment, ou bien, on note de petites poses respiratoires pendant lesquelles l’enfant se violace et se raidit. Habituellement, en quelques minutes les convulsions cessent, le nourrisson est abattu, les yeux mi-clos, il semble s'endormir, mais les cris reprennent, 1l tourne sans cesse la tête de côté. La nuit se passe ainsi dans la plus grande agitation, par moments, il secouvre desueurs, quelquefois il porte la main à son oreille, puis il finit par s’endormir. C'est en le prenant quelque temps après que l’on constate que l’oreiller est maculé d’une tache rosée, le pavillon d’une oreille est plein de sérosité sanglante et même de sang. Tout semble rentré dans l’ordre, la température est retombée entre 37° et 38°. Il n’y a plus de vomissements, ni d’agitation.

Dans les jours suivants, on peut noter soit deux ou trois oscillations de température d'amplitude décroissante, soit un plateau vers 38°. Voilà à quoi se réduit l’épisode inquiétant. Soigné avec quelques lavages, plus ou moins réguliers, quelquefois sans”

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aucun soin, l'écoulement séro-sanguinolent, puis franchement purulent après être devenu très abondant, diminue peu à peu, devient filant. L’entourage ne s’en inquiète aucunement, quelquelois l’odeur fétide ou simplement fade, semble un peu inquiéter la mère qui interroge à ce sujet le médecin. Souvent celui-ci n’en semble guère plus alarmé : € Ce n’est rien ». « L'écoulement cessera de lui-même », sont des réponses très fréquentes. Bref tout est pour le mieux.

Sile médecin n’a pas été consulté, ce qui est fréquent, le préjugé encore fortement accrédité fait respecter cet écoulement, et l’on va presque jusqu’à déplorer, une terminaison rapide qui tarit ce que le vulgaire considère comme un dérivatif salutaire à d’autres maux.

D'ailleurs, il faut reconnaître que l’évolution donne le plus souvent raison à cette façon de voir et d’agir.

L’otite aiguë à peine traitée ou même complètement abandonnée à elle-même guérit spontanément en quinze jours,un mois, quelquefois mêmeen quelques jours. Sur ces entrefaites, l’autre oreille a pu avoir le même sort et cela sans que l'enfant en ait paru incommodé. ?

Telle est la forme d’otite du nourrisson, quimalgré l’épisode fugitif quoique bruyant du début, évolue et guéril presque toujours sans complications. Cest presque laseule que l’on connaisse, aussi c’est elle qui avait contribué à amener jusqu’à ces dernières années, dans lesprit de beaucoup de médecins, un certain nombre de préjugés néfastes. C’est à ces

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préjugés qu'est due la méconnaissance complète des formes latentes ; aussi les résumons-nous ici :

1° L’otite du nourrisson débute à grand fracas. Malgré l’alerte tout s'arrange, car le tympan se perfore spontanément et très rapidement...

2° Les complications sont presque exceptionnelles et se résument à quelques mastoïdites dont la gravité n’est pas plus considérable que celle de n’im-

porte quel abcès.

3° L’affection guérit seule habituellement.

Avouons qu'à première vue, cette manière d’interpréter les faits se conçoit très bien, et trouve même un certain nombre d'arguments pour la défendre. Quand l’affection s'accompagne à son début du cortège symptômatique que nous avons esquissé, l’hésitation est impossible ; et la rapidité de l’évolution se chargerait en ce cas de lever les derniers doutes.

La fréquence des écoulements d’oreilles est bien faite pour faire croire que l’ouverture spontanée est la règle : Quand adéno-phlegmons, abcès sous-cutanés s'ouvrent si facilement à la peau, pourquoi une membrane que l’on se figure une pelure d’oignon, résisterait-elle à la pression du pus.

L'absence de développement de la mastoïde à cet âge, fait que beaucoup considèrent la mastoïdite comme une rareté chez le nourrisson, et qu’elle est presque l’étape obligée, la condition sine qua non de complications plus graves et plus profondes.

Enfin le nombre véritable des otites guérissant spontanément et aussi le mépris que l’on donne à

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