ETUDE CLINIQUE
Nous ne reviendrons pas sur les formes sans perforation tympanique. nous n'avons fait qu'émettre la
possibilité de formes latentes, méconnues, prolongées et non mortelles, vraiment chroniques par les séquelles qui ne se manifesteront qu’à un âge plus avancé,
Perforations. — Leur forme, leurs dimensions, leur situation sont des plus variables.
En règle générale, elles sont assez petites, grain de mil ou grain de chénevis.
Elles nous ont semblé plus fréquentes dans le segment de ScnRAPPNELL et en arrière. Il faut chercher la cause de cette localisation au segment postérosupérieur dans le double fait de son atteinte fréquente et de son exposition face à l'embouchure tympanique de la trompe, et d'autre part de sa plus grande mobilité qui se prête mal au travail de réparation et de cicatrisation.
Cette situation haute et postérieure n’a rien d’absolu, toutes les formes se rencontrent) Les perforations larges, souvent consécutives à la rougeole ou bien de nature tuberculeuse. Elles peuvent supprimer la presque totalité de la parasenta de la membrane ; au milieu de la perforation pend Île manche dénudé du marteau, au fond, on aperçoit le promontoire; nous avons vu s'associer une vaste perte de substance du tympan à une perforation ponctiforme du Scnrarrnez, les deux restant séparés par un pont ligamenteux ; exceptionnellement la destruction est totale, dans un cas de ce genre Île marteau tronqué était devenu mobile pendant à un débris membraneux qui correspondait à peu près
arte
Fe à la situation du ligament tymparo malléolaire
antérieur.
Fig09: x Vaste perforation montrant le fond de caisse et le manche du marteau dénudé.
Fig. 6. — Ch. Frionnet delineavil.
Vaste perforation avec petits polypes, on aperçoit au milieu, accroché à un débris de membrane; ce qu'il reste du marteau.
Dans l’otite chronique la perforation est exceptionnellement propre et nette, elle a des bords irréguliers recouverts de petites végétations ; habituellement elle disparaît sous le relief d’un ou plusieurs polypes faisant hernie à travers elle. Quelquefois énormes ils peuvent combler en partie le conduit auditif externe ; le pus se fait jour entre eux et le pourtour du conduit. Leurs aspect et leur consistance varient; tantôt charnus et muriformes, ils sont rouge foncé, molasses et saignent au moindre con-
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tact; tantôt lisses et plus pâles, on les voit se dégonfler comme s'ils étaient de nature kystique, au contact du porte-coton.
L'écoulement est en général moins abondant que dans la forme aiguë, moins épais et moius filant aussi. URL désagréable d’odeur, depuis l'odeur fade jusqu’à la fétidité repoussante, il est souvent coloré ; laissant sur les mèches une coloration jaune avec une bordure bleutée (Pyocyanique) parfois Pranâtre,, 1] contient des débris sphacélés de polypes détachés spontanément ou se nécrosant par striclion au niveau d’une perforation trop étroite.
La suppuration, même quand elle est plus abondante, entraîne très vile la formation d’ulcérations qui peuvent gagner tout le conduit et même la conque, dan ce eas, l’inflammation autour des ulcérations réalise une olite externe diffuse, qui peut rendre absolument impraticable l’examen au spéculum. Dans ce cas naturellement on constate de la lymphangite de voisinage et une réaction de tous les territoires ganglionnaires, ganglion prétragien, cervicaux, rétro auriculaires, ganglions de la nuque Nous ne ferons que signaler à cause de leur rareté les cas avec fistule mastoïdienne dans le conduit ou à fistules multiples périauculaires qui sont Papanage exclusif de la carie tuberculeuse du’ rocher. Par contre, il est assez fréquent de constater en un point généralement voisin du rebord tympanique aussi bien en avant qu’en arrière du conduit une petite fistule minuscule, en général située au
sommet d’une petite élevure, accuminée à la façon d'un furoncle. Elle témoigne de l’existence d’un point d’ostéite du cadre tympanal, ou au moins de l'évacuation de petites collections sous périotées, nous avons d’ailleurs signalé l’existence de cette fistule, au cours de l’évolution de l’otite latente, même de date récente. L'évolution de la forme chronique, en général lente, pendant les premiers mois peut être entrecoupée d'incidents inattendus telle qu’apparition sans douleur ni épisode aigu d’une mastoïdite qui s’extériorise.
Nous n'avons jamais eu l’occasion de constater qu’une fois chez le nourrisson l’évolution brusquée par complication intracranienne, il semble que les grosses complications attendent la deuxième enfance pour se manifester au cours d’un réchauffement. La forme tuberculeuse malgré l'étendue des lésions ne semble guère aller plus vite, la mort tient plus à l’évolution de la tuberculose en général qu’à la localisation de la lésion. Même dans le cas de mort par la méningite tuberculeuse, il ne semble pas qu'on puisse incriminer l'oreille, par là où serait passé le Bacille de Kock, les pyogènes auraient accompagné et rapidemént dépassé l’autre microbe dans la genèse des lésions.
Avant d’en terminer avec l’évolution et les complications des otites chroniques nous ne pouvons pas nous abstenir d’une réflexion au sujet de la possibilité d'existence d’otite chronique sans perforation du tympan que nous avons déjà envisagée. Ne trou verait-on pas dans cette hypothèse une explication
lon
satisfaisante, un certain nombre de faitstous calqués sur le suivant ; un nourrisson est amené au spécialiste pour tuméfaction rétro-auriculaire, il s’agit de mastoïdite nette, quelquefois même le pus est déjà sous la peau. L’oreille n’a jamais coulé, le nourrissOn n’a jamais paru en souffrir, il n’y a pas eu de fièvre, les seuls phénomènes constatés sont un peu d’amaigrissement et de perte de l'appétit. A l’opération quile plus souvent a été simple, le diagnostic a été confirmé, l’antre est plein de pus, tout devrait s’arranger rapidement, les pansements sont faits régulièrement et soigneusement, malgré cela la plaie rétro-auriculaire prend un aspectpâle,bourgeonnant, ne se répare pas, retouches sur retouches sont nécessaires pour arriver à la cicatrisation. Comment admettre une telle évolution pour une lésion franchement aiguë, N’est-il pas vraisemblable que dans ces cas, l'infection évoluait déjà depuis assez longtemps. La suppuration se drainant, se vidant par regorgement par la trompe a cependant réalisé’des lésions osseuses profondes, jusqu’au jour où des fongosités eneombrant le drain tubaire, l’obstruent et amènent le pus à se faire jour au dehors par la vole mastoïdienne.
Dans ces cas dÂailleurs, les lésions de la table externe de l’os sont étendues, une large partie en est nécrosée, la perforation est assez vaste. La suppuration ne s’est plus extériosée en suivant la voie des lymphatiques de la tache criblée, mais par une zone d’ostéite. L'intervention pour large et .complète, n’en est pas moins limitée à la mastoïde et
laisse le foyer tympanique, dont l'existence com-
promet longtemps la cicatrisation,