‹ L'Otite du NotfrissonChapitre 72 sur 79 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° La constitution anatomique de l'appareil auditif du nourrisson présente un certain nombre de particularités qui favorisent l'infection de ses cavités et expliquent la gravité comme la fréquence de ses complications. Les principales sont : la faible longueur et la béance de la trompe: le gonflement œdémateux de la muqueuse, normal à la naissance, la richesse des communications vasculaires et Ixymphatiques avec le voisinage et avec l'os environnant en pleine activité d'ostéogenèse.

2° Le liquide dont l'oreille est trouvée pleine à l'autopsie est tantôt du pus, tantôt du muco-pus. Dans le premier cas, il s’agit d'otite vraie ; dans le second, il ne s’agit que de pénétration de liquide du cavum par la trompe, cette pénétration peut causer l'infection mais reste tolérée tant que persiste la communication tubo-tympanique. D'ailleurs dans certains cas, l’entrée du liquide ne se fait que dans les heures qui suivent la mort.

3° La pénétration d'un liquide suffisamment septique est le premier stade del’évolution, le second est l’isolement en cavité close. Chez le nouveau-né l'infection peut être causée par la pénétration pendant l'accouchement de liquides maternels septiques.

— RRA —

%° La bactériologie montre la prédominance des infections monomicrobiennes : pneumocoque etsurtout strep-

tocoque.

5 L'otite est presque dé règle et souvent bilatérale chez le nourrisson à cavum infecté. Ceci est absolu dans le

milieu hospitalier.

6° L'examen du tympan du#nourrisson est difficile mais presque toujours possible. Les seuls repères constants Sontla lache lumineuse et l’apophyse externe du marteau.

7 La difficulté d'interprétation des images tympaniques est due à la fréquence des formes qui n'ont pas d'équivaents chez l'adulte: Tympans jaunes ou gris sale, tympans givrés, tympans semblant normaux auxquels ne

manque que la tache lumineuse.

8° La forme aiguë franche est rare. La forme habituelle est latente, tellement fréquente qu’elle doit être envisagée comme possible dans toutes les infections de nourrisson, même les plus graves qui peuvent lui être dues, quoique restant souveut méconnues.

9° Les formes cliniques sont très variées : avec prédominance de signes digestifs, méningés, pulmonaires ; état fébrile simple, état septicémique ; formes revélées par l'apparition d’une complication (mastoïdite) : enfin otite concomittante des états cachectiques. |

100 Les complications les plus fréquentes sont la mastoïdite et les broncho-pneumonies, la méningite, la thrombo-phlébite, les embolies à distance sont plus rares.

11° Le diagnostic d'otite ne peut reposer de façon certaine que sur l'examen otoscopique. Dans les cas douteux recouvrir à la paracentèse explorative, inoffensive si bien faite et non à la ponclion eouvent infidèle toujours dangereuse.

19° La prophylaxie de l’otite se résume. dans les mesures suivantes : désencombrement et désinfection du cavum (végétations’, isolement individuel.

13° Le traitement consiste en paracentèses, répétées quelquefois, avec aspiration des liquides épais. Il suffit habituellement. S'il échoue, recourir à l’antrotomie qui peut donner des résultats inespérés.

14° L'otite chronique est plus rare que l'otite aiguë, elle survient sur un lerrain prédisposé par persistance de la cause première d'infection, par un traitement intempestif. La rougeole et la scarlatine v prédisposent surtout.

Nu: Vue Le Doÿen, Le Président,

H. Rocer. NOBÉCOURT.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de t Académie de Paris,

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