‹ L'oubli, ou, La chambre nuptialeChapitre 16 sur 20 · SCÈNE XIÎ · texte numérisé non relu

SCÈNE XIÎ

DALEELL , et successivement UN DOMESTIQUE , BENOÎT , LA BARONNE et POULOT , en

dehors.

LE DOMESTIQUE

Est-ce pour Monsieur ou pour Madame qu'on a sonné ?

DALBELL, à part.

Au diable! ( Haut. ) Pour personne.

L'Oubli. 5

LE DOMESTIQUE

Si Monsienr ou Madame désirent quelque chose ?. . .

DALBELL.

Rien.

BENOIT , un éloge au-dessus.

Qu'est-ce que c'est, Georges?. . , quel est ce bruit?

DALBELL.

Ciel ! roucle ! . . .

LE DOMESTIQUE

Monsieur, c'est qu'on avait sonuc très-fort dans l'appartement de madame votre nièce.

BENOIT

Ma nièce!... est-ce qu'elle se trouverait mal? Je descends. ( Criant. ) Ma sœur! ma sœur !

LA BARONNE, d'un e'iage au-dessous.

Qu'est-ce que c'est?

Allons , la tante à pre'seot!

BENOIT

C'est votre nièce qui se trouve mal. . . Je vous en prie , Tenez vite !

LA BARONNE

Je monte.

POULOT, sur le même carré.

Qu'est-ce que c'est?. . . .Ma cousine qui se trouve mal?

DALBELL.

Allons! le petit cousin]... il ne m.inquait plus que lui!

BENOIT , d'en haut.

Poulot, voulez-vous rentrer chez vous?

POULOT

Mn pauvre cousiue !. . . Je veux voir ma cousine 1

DALBELL.

Que faire? ( Fr/ippant nu boudoir. ) Pardon , ma chère , pardon... Elle u'entcnd pas... Si elle se doutait delà manière dont ç.t se complique. . .

BENOIT , frappant à la porte.

Mon neveu , qu'est-ce qu'il y a donc ?

DALBELL.

JUen dti tout, mon oncle.

BENOIT

Pourquoi avez-vous sonné?

BALBEEL.

Je n'ai pas sonné.

BENOIT

Vous dites ç;» pour ne pns m'inquiéter. . . Je ne vous croirai que si ma nièce me l'assure elle-même... Eaîends-tu , mou enfant, parle toi-même.

DALBELL.

II s'adresse bien.

BENOIT

As -tu parlé?... Pas de réponse... Je tremble... ( Criant. ) Montez donc , ma sœur.

LA BARONNE

Me voilà.

DALBELL , frappant très-fort au boudoir. Je sais perdu. . . Ma femme ! ma femme!

AIR de l'ernaïKi Cariez.

SExuiT l't LA JUr.oMNE ^Jrapjmnt en dehurs, DAi-ifti-î- , a in, porte du boudoir.

Ouvrez , ouvrez , ouvrez î Ma voix vous en supplie !

Ouvrez , ouvrez , ouvrez !

Vo'.is me désespérez !

BENOIT el LA BARONNE.

Que veut dire ceci?

Est-elle évanouie?

DALBELL.

Ah ! que ne puis-je ici JVl'évanouir aussi !

ENSEMBLt:, Ouvrez , ouvrez , etc.

DALBELL.

Allons... il n'y a qii'nn moyen d'en sortir... c'est d« les faire entrer.

; Il va omrir la porte.)

BENOIT, prêt à entrer cJann la chambre. Ahl enfin. . . voyons vite.

LA BARONNE , le retenant.

Attendez donc . mon frère. . . Lequel de nous deux peut entrer?

DALBELL.

r.h I tous les deux.

SCEiXE XIII.

LA BARONNE, BENOIT, POULOT, DALBELt.

POU LOT , entrant le prêrhier.

Ah! ma cousine. (^ Après a t-oir regarde'.) Eh hien!

BENOIT, courant après lui.

Petit mauvais sujet. . .

POULOT

Papa. . . piipa. . . elle n'y est plus.

BENOIT, à la Baronne.

Ciell . . . Mil sœur. . . elle n'y est plus 1

LA BARONNE

Elle n"y est plusl

BENOIT

Monsieur. . . qu'est-ce que çn signifie, parlea-

PôtJLOT.

Oui, qu'il parle!

LA BARONNE

Où est ma nièce?

DALBELL.

Elle est là . . . elle s'est enfernie'e.

BENOIT et LA BARONNE.

Voyons.

( Ils vont frapper au boudoir. )

POULOT , à part.

J'y suis. . . notre venijeance! . . . Ah! tu me prends ma femme I

DAI.BELL , à Benoit et à la Baronne , qui frappent. C'est inutile. . . elle n'entend pas.

BENOIT

Comment entrer ?. . . Ah!. . . ( Montrant la porte d'entrée. ) Cette clé ouvre.

( // va la prendre, )

TDAL'B^LLyàpart.

Dieu ! . . . si je l'avais su !

LA BARONNE , à la porte du boudoir.

Voilà donc comment se comporte le militaire d'à-présent... et une nuit de uoce !. . . Qu«ud je pense que le baron de- la Gue'ritaude. . .

BENOIT , lui apportant la cle'.

Allons , ma sœur. . . pas de complainte. . . et voyez tife ce que c'est.

LA BARONNE

J y vais. . . mais on ne m'empêchera pns de dire qu'une pareille nuit de uoce est toujours bien désagréable pour une famille.

( Elle entre dans te boudoir. )

jiA'LB'ËLL , à part.

Ef pour ïe mari donc? c'est peut-être agréable?

SCErVE XIV.

POULOT, DALBÉLL, BENOIf.

BENOIT

Ah çal. . . mon neven. .. à présent qu'il n'y a plus de femme. . . expliquez-moi. . . ( Jpercevnut Pou.'ot.) Encore là, Poulot... vous désobéirez dbûc toujours? Allez vous coucher.

POULOT

Mais , papa . . .

BENOir.

Allez vous coucher, Monsieur... ( // le fait sortir , et ferme /avorte.) Voilà un petit drôle qu'on ne peut pas faire dormir.

Page 1