SCÈNE PREMIÈRE
POULOT , entrant avec précaution , un bougeoir à la main.
« Ponlot , allez vous coucher. » — Mais papa ... — « Eh •» bien , Monsieur, à qui est-ce qne je parle? » Et puis il faut s'en aller. Mais c'est égal. . . ( Il pose son bougeoir sur la toilette. ) Il a beau être près d'onze heures. . . j'y mettrai du caractère, je ne dormirai pas... ( // bâille. ) Parce qu'an fait , c'est de la tyrannie ... un soir de noce ! . . . et encore quelle noce?. . . celle de ma femme, . . ("'est vrai ; ma cousine , je l'appelais ma grande femme... et elle aussi , elle m'appelait son petit mari. . . Que c'est bisquant d'être petit! Mais je serai vengé! . . . J'ai entendu le complot que les jeunes gens de la ville ont fait contre lui , de de'pit de ce que c'est on militaire, un e'Iranger au pays qui vient leur souffler la plus jolie demoiselle de Candebec. Ils ont dit que pour la nuit de ses noces ils voulaient le griser avec dn punch. . . et c'est drôle , il a l'air d'être aussi du complot , tant il se prête à le faire réussir ( If se met dans un fauteuil. ) Asséyons-nons là pour attendre ma cousine... ( Il bâille.) Surtout il ne faut pas m'endoruiir. . . au contraire. . . je vais chercher quelque bonne farce à f^iireà mou cousin... oui, rêvons-y... D'abord ou est fort sur les
farces à Caudebec . . . c'est daus le sang. ( // baille. ) Je veux être uu petit farceur; et plus tard , quand je serai grand , je serai uu grand fareenr.
( Pendant ces dernières paroles , Vorchestre joue quelques mesures de l'introduction du Barbier de Se'ville : piano , pianissimo , sur lesquelles Poulot s'endort. )