L'SAGE DE FAIRE DESCENDRE AU CARROSSE
Madame la marquise de Bergerac est là-bas dans son carrosse, qui vous prie de vouloir bien descendre. (Acte III. scène, vi.)
Les gens de qualité faisaient ainsi descendre à leur carrosse les gens d'affaires, procureurs, avocats ou financiers, trop occupés pour venir prendre leurs ordres à domicile, et de trop mince condition pour qu'on daignât monter à leur cabinet. Ils se vengeaient ainsi des longues visites que leur imposaient MM. les Conseillers et les gens en place, que les plus grands seigneurs devaient respectueusement solliciter. L'usage de faire descendre au carrosse s'est maintenu jusqu'à la fin du XVnie siècle, mais seulement pour les personnes de la plus haute qualité. Barbier nous en a conservé un exemple bien singulier et tout à fait caractéristique :
— lis —
« M. le comte de Charolais, prince du sang, a pris du goût pour une madame Lebreton, veuve d'un homme d'affaires, jolie femme de vingt-deux ans, riche et petite-maîtresse de Paris... La famille, qui s'est aperçue de cette poursuite, en a craint les suites... Le père (M. Ménage, riche financier) gardant sa fille chez lui, M. le comte de Charolais lui a fait dire qu'il se tînt chez lui tel jour et qu'il avait à lui parler. Il l'a fait demander à sa porte, Va fait descendre dans la rue, et lui a dit que s'il n'amenait pas sa fille à un bal chez le prince de Condé, il aurait affaire à lui. M. Ménage n'a su que lui répondre, de crainte de quelque insulte et de quelques coups de bâton n
O Dieu le bon temps que c'était A Paris sous Vancien régime!
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