‹ L'oublieuxChapitre 3 sur 29 · ACTE PREMIER SCÈNE F · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER SCÈNE F

Mi'e DE L'ÉTANG, M''^ DUPRÉ.

M"e DE L'ÉTANG.

Je crois que cet homme-là me fera déserter la maison.

M'ie DUPRÉ.

Il est vrai que cet amant est un peu incommode.

M»« DE L'ÉTANG

Comment incommode? Il fut hier céans toute Taprès-dînée, il y revint après souper.

et aujourd'hui, à peine sommes-nous levées qu'il vient nous rendre visite.

M»e DUPRÉ.

Que veux-tu ? c'est qu'il t'aime.

M"e DE L'ÉTANG.

J'ai bien affaire qu'il m'aime pour me venir rompre la tête. As-tu jamais vu une conversation comme la sienne? Il va ramasser toutes les méchantes nouvelles du Palais et du Luxembourg, toutes celles des Halles et de la place Maubert, et il vient me les redire toutes, sans m'en faire grâce d'une seule (a)*.

M"« DUPRÉ

Tu me surprends, car je t'ai ouï dire que tu ne le haïssois pas.

* Ces lettres renvoient aux notes à la tin du volume

M>'e DE L'ETANG.

Cela est vrai, et il y a des temps où j'en

suis très-contente ; mais depuis quelques

jours il m'a tellement fatiguée de ses sottes

nouvelles, que, s'il continue encore sur le

même ton, je lui donnerai nettement son

congé.

Mlle DUPRÉ.

Cela seroit un peu violent.

M>'« DE L'ÉTANG

Tant violent qu'il te plaira; je n'aime point d'être obsédée. Cela est fort plaisant d'avoir toujours un homme devant soil

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