POSTFACE
Si j'ai cherché à appeler l'attention sur l'exploitation des alluvions aurifères du Jukon, il ne faudrait pas en conclure que je prône ce pays à l'exclusion des autres. Ce que j'ai dit est, avec de bien petites modifications, applicable à toutes les régions à « placers ». Chacune d'elles a ses avantages, ses inconvénients, et, ce qui est essentiel, des hommes capables d'y manœuver.
Je vous ai montré les avantages et les inconvénients du Jukon. Loin de moi la prétention de dire qu'il est le meilleur. Beaucoup d'autres sont également bons, et chacun d'eux est le meilleur... pour qui le connaît bien.
On me reprochera peut-être de n'avoir pas assez produit de chiffres : rien n'eût été plus facile, mais je les ai, en effet, systématiquement écartés. Les chiffres sont nécessaires, je le sais, mais ce sont des troupes qui, comme les vraies, sont vite culbutées si elles n'ont pas comme qualités essentielles d'être manœuvrières, intelligentes et bien conduites. Pour les faire figurer à une revue d'ensemble, comme est ce livre, il m'aurait fallu les immobiliser dans une rigidité de parade, tandis qu'ils sont faits
pour le mouvement et la souplesse. J'ai préféré les omettre. S'il m'arrive un jour do présenter des chiffres, ils seront en tenue de campagne el prêts pour le combat.
Pour l'instant, mon rôle se bornait à signaler aux hommes d'initiative une belle province à conquérir et à leur indiquer la voie la plus sûre. Sans chercher à dresser un plan d'attaque, j'ai écrit ces quelques pages, et je les leur offre, comme une simple reconnaissance d'avant-garde.