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énormes et que leurs succès seraient à peu près nuls. Ils réussirent à gagner même des prêtres à cette opinion. Un jour, un supérieur de communauté à Montréal disait devant M. Provencher partant pour cette mission : “ À quoi bon envoyer si loin des missionnaires ? est-ce que tout le monde ne peut pas baptiser?” “Sans doute, répondit M. Provencher, mais il y a dans l'église d’autres sacrements que tout le monde n'administre pas.” (lettre de Mer Provencher). Cependant les plus influents personnages en Canaua étaient en faveur de cette mission. Outre Lord Selkirk et Lady Selkirk, les membres les plus influents de la Compagnie de la baie d'Hudson, (presque tous, protestants) demandaient des missionnaires catholiques, le Gouverneur-Général du Canada, luimême, était à la tête d'une souscription pour aider à l'établissement de cette mission permanente à la Rivière Rouge.
Il semblait difficile de ne pas voir là le doigt de Dieu, montrant ses desseins de miséricorde sur le pauvre peuple, abandonné dans ces pays sauvages.
Quand on présenta aux messieurs de la Com-
pagnie du Nord-Ouest la liste des souscriptions.
en tête de laquelle était le nom du Gouverneur- Général, ils refusèrent polimentd'y mettrelesleurs.
Dans le cours du mois de mars 1818, Mer Plessis annonça à M. Provencher, curé de
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818, Mgr curé de
Kamouraska, qu'il avait jeté les yeux sur lui pour aller fonder une mission à la Rivière Rouge.
Malgré la grandeur du sacrifice que lui demandait son évêque, il accepta sans manifester la moindre hésitation. Le 16 avril, il faisait ses adieux à sa paroisse et se mettait en route pour Montréal où il devait s'embarquer pour la Rivière Rouge avec un confrère, M. Sévère Dumoulin.
Lord Selkirk, craignant que la Compagnie du Nord-Ouest ne voulut créer des embarras aux missionnaires, sugoéra à Mer Plessis de les faire accompagner par un officier du département des sauvages. ‘“ J'oserais, écrit-il à Mgr Plessis, re-
commander à Votre Grandeur de demander à
Son Excellence le Gouverneur-Général que
M. le capitaine J.-Baptiste chevalier De Lort-
Es
mier soit nommé pour accompagner les mis-
sionnaires jusqu'à la Rivière Rouge ; ce mon-
sieur est d'une grande expérience dans Îles
voyages et entend parfaitement la manière de
s'y prendre avec les voyageurs. IT est respecté
des sauvages aussi bien que les Canadiens du
Nord, de manière qu'il pourrait déjouer Îles
intrigues par lesquelles on pourrait tenter d'in-
commoder le voyage des missionnaires.”
Pour assurer le sort de la mission de la Rivière Rouge, Lord Selkirk donna par acte notarié, sioné par sept syndics, un terrain de vingtcinq acres en superficie pour la place de l'église
et des maisons d'éducation et par un second contrat une étendue de terre de cinq milles de
profondeur sur sept milles de largeur, en arrière
du terrain de l'église, Voici les noms des syndics qui signèrent ces contrats.
LORD SELKIRK. J. O. PLEssis,
J. N. PROVENCHER, /rêtre. Ævêque de Québec.
Roux, ?’rêtre. SÉVÈRE DUMOULIN, ?rêfre.