S. DE BEAUJEU. W. HENRY
Ce fut un mardi 18 mai 1818, vers midi, que les deux missionnaires firent leurs adieux au Canada. Quelques jours auparavant, Mer Plessis leur avait envoyé les instructions suivantes :
1. Les missionnaires doivent considérer comme le premier objet de leur mission de retirer de la barbarie et des désordres qui en sont la suite, les nations sauvages répandues dans cette vaste contrée.
2. Le second objet est de porter leurs soins vers les mauvais chrétiens qui y ont adopté les mœurs des sauvages et qui vivent dans la licence et dans l'oubli de leurs devoirs.
3. Persuadés que la prédication de l'Evangile est le moyen le plus assuré d'obtenir ces heureux effets, ils ne perdront aucune occasion d'en inculquer les principes et les maximes, soit dans leurs conversations particulières, soit dans leurs instructions publiques.
n second milles de n arrière s syndics
de Québec.
\, Prêtre.
midi, que lieux au or Plessis ntes :
:r comme rer de la suite, les te vaste
urs SOIns lopté les la licence
Évanvile heureux en inculans leurs
S instru c-
LA
4. Afin de se rendre plus promptement utiles aux naturels du pays où ils sont envoyés, ils S'appliqueront, dès le moment de leur arrivée, à l'étude des langues sauvages et tâcheront de les réduire à des principes réguliers, de manière à pouvoir en publier une grammaire, après quelques années de résidence,
5. Îls prépareront au baptême, avec toute l'expédition possible, les femmes infidèles qui vivent en concubinage avec les chrétiens, afin de substituer des mariages lévitimes à ces unions irrévulières,
6. Ils s'attacheront avec un soin particulier à l'éducation chrétienne des enfants, établiront à cet effet des écoles et des catéchismes dans toutes les bourgades qu'ils auront occasion de visiter.
7. Dans tous les endroits remarquables par leur position, soit par le passage des voyageurs, soit par le rassemblement des sauvages, ils auront soin de faire planter de hautes croix, comme pour prendre possession de ces lieux, au nom de là religion catholique.
8 Ils répèteront souvent aux peuples vers lesquels ils sont envoyés, combien cette religion prescrit sévèrement la paix, la douceur, l'obéis. sance aux lois tant de l'Etat que de l'Eglise.
9. Ils leur feront connaître les avantages qu'ils ont de vivre sous le couvernement de Sa Majesté
Britannique, leur enseignant de parole et d'exemple le respect et la fidélité qu'ils doivent au Souverain, les accoutumant à adresser à Dieu de ferventes prières pour la prospérité de Sa Très Gracieuse Majesté, de son auguste famille et de son empire.
10. [ls maintiendront un parfait équilibre entre les prétentions réciproques des deux Compagnies du Nord-Ouest et de la baie d'Hudson, se souvenant qu'ils sont exclusivement envoyés pour le bien spirituel des peuples, de la civilisation desquels doit résulter l'avantage de l'une et de l'autre Compagnie.
11. [ls fixeront leur demeure près du fort Douglas sur la Rivière Rouge, y construiront une église, une maison, une école, tireront pour leur subsistance le meilleur parti possible des terres qui leur sont données. Quoique cette rivière, ainsi que le lac Winnipeg où elle se jette, se trouve dans le territoire réclamé par la Compagnie de à baie d'Hudson, ils n'en seront pas moins zélés pour le salut des commis, engagés et voyageurs qui sont au service de la Compagnie du Nord-Ouest, ayant soin de se porter partout où le salut des âmes les appellera.