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avait été blessée par les éclats de la grenade et visait ensanglantée sur le plancher.
M. de Catalogne répète j"r toute la maison : /e docteur,
Elle appelle le docteur à son secours.
le docteur ; celui-ci se présente et demande quartier. M, de Catalogne le rassure, le conduit à la chambre de la blessée et met deux sentinelles à la porte pour empêcher qui que se soit d'y pénétrer,
Le fort et toute sa garnison se rendirent au chevalier de Troyes. À l'aube du jour, la scène était finie, et les soldats prenaient tranquillement leur déjeuner.
La petite troupe se reposa quatre jours au fort Rupert, qu'on eut soin de démanteler complètement.
Il restait encore deux forts aux anglais : le fort
jourbon et le fort Sainte-Anne, (aujourd'hui fort Albany).
mandant diricea ses soldats.
Ce fut contre ce dernier que le com- Il ne savait où prendre ce fort, situé sur le côté occidental de Î: baie. M. d'Iberville, après avoir appareillé Île vaisseau qu'il avait capturé, mit à la voile pour traverser la baie, ayant avec lui quelques soldats pour équipage. Le reste de la troupe le -uivit avec les canots, car le vaisseau ne pouvait guère approcher des côtes à cause des battures qui s'étendent très loin au large.
Après quatre jours de navigation, ils décou-
vrirent enfin Lefort Sainte Anne, en amont d'une petite rivière sur laquelle on ne pouvait naviguer Ce fort était le mieux fortihié de tous sur la baie,
qu'avec des vaisseaux plats.
I était Hlanqué de quatre bastions et muni de quarante-trois canons montés en batteries, La garnison était au complet et il y avait des munitions pour résister longtemps,
En face du fort se trouvait une ile; les canadiens s'en emparérent et y établirent leur camp, en attendant que le vaisseau, sur lequel étaient les canons, fut arrivé,
Les anglais qui voyaient exécuter tous ces préparatifs de siège, ne faisaient aucun mouve ment pour s'y opposer.
Les vents retenaient toujours le vaisseau au larve, et pendant ce temps, les vivres commen çaient à diminuer; on ne pouvait cuère attendre longtemps en cet endroit sans s'exposer à y souffrir de la faim. On tint conseil et il fut résolu de prendre le fort d'assaut, On commençait à construire des échelles quand par bonheur Île vaisseau, poussé par une bonne brise, entra dans la rade,
On s'empressa de décharger les canons et d'établir des batteries et dès le lendemain Île bombardement commença.
Les assiégés répondirent comme des gens bien
décidés à se défendre. Le 26 juillet, jour de la
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commandement de M. d'Iberville, avecde bonnes
D'IBERVILLI 17 ete de Sainte-Anne, les canadiens réussirent à démonter plusieurs piéces du fort; mais pour continuer la canonnade, ils furent obligés de se laure des boulets avec du plomb.
Vers le midi, les assiégés envoyèrent un canot, portant à son bord un ministre protestant, pour demander au chevalier de Troyes quelles étaient ses intentions 2 "fe veux absolument," répondit-il “que la place me soit rendue." “Dans ce cas,” répondit Le ministre “veuillez en conférer avec
Le
un canot rencontrer le gouverneur au milieu de la
notre gouverneur.” commandant alla dans rivière et le sort du fort fut décidé le jour méme de la fête de Sainte-Anne le 26 juillet
Les articles de la capitulation siunés, d'Iberville alla prendre possession du fort et les anglais sortirent avec les honneurs de la guerre. Le gouverneur, avec sa suite, fut transporté à Charleston, et les prisonniers faits dans les autres forts furent transportés en Angleterre.
Dans la prise du fort Sainte-Anne, les canadiens furent dédommagés de leurs travaux par un butin considérable. Les anglais y avaient entasne
restait plus à l'Angleterre dans la baie que le fort
sé pour cinquante mille écus de pelleteries.
Bourbon, devenu plus tard le fort Nelson.
Le 10 août, le chevalier de Troyes repartait pour Montréal après avoir laissé les forts sous le
45 L'OUEST CANADIEN carnisons. Les soldats furent de retour dans le cours du mois de novembre ; la campagne avait duré huit mois. La conduite du chevalier de Troyes, dans cette expédition, lui mérita de grands éloges de la cour, en France.
En 1870, on fit grand bruit en Angleterre, au sujet de l'expédition du colonel Wolsely à Mani toba. Les journaux en parlèrent comme d'un fait militaire sans pareil; c'était décerner de la
Wolsely et
ses soldats n'eurent à supporter que Îles fatigues
gloire à un homme à peu de frais.
d'une longue marche, sans courir le ravindre danger. Le chemin qu'ils suivaient était bien tracé depuis longtemps ; on le nommait : /a route Dawson. Les gens y passaient en voiture.
Pour traverser les lacs, les soldats de Wolsely avaient de bonnes chaloupes conduites par des indiens ; ils s'avançaient en pays pariaitement connu. Arrivés à Manitoba, les mille soldats n'eurent qu'à prendre un fort ouvert, dans lequel ils trouvèrent deux hommes très-inoflensits.
La campagne de Wolsely, à Manitoba, devient ridicule si on veut la comparer à l'expédition du chevalier de Troyes avec ses quatre-vingts canadiens.
* Quand la nouvelle du désastre causé à la baie arriva en Angleterre, dit Garneau (Histoire du # Canada), on poussa les hauts cris ; on alla * jusqu'à en accuser le roi d'en être la cause. Le
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* monarque qui à perdu la confiance de ses sujets “est bien à plaindre.”
Jacques TT, déjà si impopulaire, le devint encore bien davantage par cet évènement, que personne assurément n'aurait pu prévoir. Ainsi l'expédition d'une poignée de canadiens, contre quelques postes de traite à l'extrémité du monde, ébranla, sur son trône, un monarque de la Grande- Bretagne.
Jusqu'à 1692, les français vardèrent les forts dont ils s'étaient emparés. En 1603 l'Angleterre réussit à reprendre le fort Sainte-Anne qui n'était garde que par cinq canadiens.
Un historien anglais, le Révérend Bryce de Winnipeg, prétend qu'en l'année 1688, deux ans après l'expédition du chevalier de ‘Troyes, un
jeune anglais (1) partit de la baie d'Hudson pour
faire une excursion dans l'intérieur du pays, et qu'il eut la gloire de découvrir la Rivière Rouge, cinquante ans avant le sieur de la Vérendrye. Si le Révd, Bryce eut connu son histoire de la baie d'Hudson, et s'il eut pris la peine de se renseigner sur la géographie de cette partie du pays, il eut évité de revendiquer, pour un des siens, un honneur qui ne lui appartient pas.
Pendant onze ans, les anglais n'ont eu qu'un seul fort sur le littoral de la baie d'Hudson : tout le
(1) Henry Kelsey,
reste du pays était au pouvoir des français, dont les anglais avaient une peur folle, à tel point, que jamais ils n'avaient osé s'aventurer dans une exploration vers l'ouest par crainte des sauvages et des français. Est-il probable, que la Compagnie va entreprendre de faire des découvertes dans un moment où les français sont à sa porte et où elle a besoin de toute sa prudence pour conserver un pied à terre dans ce pays.
Mais en admettant que Henry Kelsey eut fait, comme il le dit, un voyage de cinquante-cinq Jours, aller et retour, jusqu'où se serait-il rendu dans le sud-ouest en suivant les sauvages à travers des déserts comme ceux du Nord? Il se serait rendu à deux cent cinquante milles tout au plus, même en supposant qu'il eut fait, en moyenne, dix milles tous les jours sans perdre une seule journée, Tous ceux qui ont voyagé avec les sauvages à travers les bois, savent qu'ils ne font ordinairement que dix à douze milles par jour, car ils sont obligés de vivre de chasse et de courir après le gibier. Or la distance entre la baie d'Hudson et le Dakota, où le Révd. Bryce prétend que Kelsey a assisté à une chasse au buffalo, est de huit cents milles. Il serait donc resté cinq cent cinquante milles à faire à M. Kelsey pour arriver dans les prairies
de l'Ouest, soit à la Rivière Rouge, ou dans le Dakota.
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