‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 17 sur 121 · de De hez les ss Bois · texte numérisé non relu

de De hez les ss Bois

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de Vaudreuil et Bégon, adressée à Mgr le duc d'Orléans le 13 février 1717, nous lisons ce rapport

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portante appelée Satane.

“ En sortant, on entre dans la rivière Kaministivoya. On remonte cette rivière pendant dix lieues, après quoi il y a un portage d'environ dix arpents où l'on hisse les canots. Après ce portage, il y a un rapide d'environ deux lieues et du dit rapide il y a un portage d'un arpent. “ A trois lieues du dit portage, il s'en trouve un autre d'une lieue, nommé le portage du Chien, après lequel on tombe dans un lac d'environ

‘trois lieues de long, pour rejoindre la même

rivière Kaministigoya que l'on suit pendant quinze lieues. Ensuite de quoi l'on trouve un portage d'une lieue et là se trouve un lac qui n'a point de décharge étant au milieu d'une savane. (1)

“ Ce lac a environ dix arpents de traverse et est à hauteur des terres.

“Au bout de ce lac, on fait un portage dans une savane d'environ une lieue ; ensuite l'on tombe dans une rivière qui a environ dix lieues et qui descend dans un lac qu'on nomme le lac au Canot.

lieues sur la droite et on entre dans une anse, où

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l'on fait un portage dans une pointe de trembles

(1) La Compagnie du Pacifique à là aujourd’hui une station assez im-

“ que l'on traverse, d'environ trois arpents. De ‘“ 1à, on tombe dans une petite rivière remplie de “ folles avoines; et dans laquelle on marche “ pendant deux Jours en canot, faisant dix lieues “ par Jour. Après cela, on arrive à une chute où “ l'on fait un portage d'environ un arpent.

“ Au bout de ce portage se trouve un détroit “ de roches d'environ un arpent et qui tombe à “ l'embouchure du lac des Cristinaux. Ce lac à Un en longe

‘environ cinq cents lieues de tour.

“le côté à gauche l'espace de huit lieues au bout “ desquelles le lac se décharge et forme la rivière ‘“ Takimamiwen, autrement appelée Ouichaichick “ par les Cris. On descend cette rivière pendant ‘huit jours sans rencontrer aucun rapide sur un “ parcours de quatre-vingts lieues. (1)

“ À deux lieues, dans l'entrée de cette rivière, ‘il faut cependant faire un petit portage l'un ‘“arpent environ. En sortant de cette rivière on “ tombe dans le lac des Iles, autrement appelé lac ‘“ des Assiniboines par les gens de la Pierre Noire.

“ Ce lac, sur la côte sud, est bordé de pays ‘“ pelés tandis que la côte nord est couverte de “ toutes sortes de bois et bordée d'une multitude “ d'îles. Au bout de ce lac, il se trouve une “rivière qui tombe dans la mer de l'Ouest, d'après “ Je rapport des sauvages.”

Cette rivière est la rivière de la Pluie,

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Les sauvages avaient offert à de Noyon de l'emmener avec eux à la mer de l'Ouest.

Le mémoire ci-dessus nous prouve d'abord, que la route depuis le lac Supérieur jusqu'au lac des Bois et même jusqu'à la rivière Winnipeg, avait été explorée longtemps avant le voyage de M. de la Vérendrye. C'est d'ailleurs la route qu'il suivit lui-même pour se rendre à l'endroit où il bâtit le fort Saint-Charles ; et c'est exactement la route que suivirent plus tard tous les voyageurs, au service des Compagnies de traite. Les noms que ces premiers explorateurs donnèrent aux rivières et aux portages ont été presque tous conservés Jusqu'à ce Jour. On reconnait le lac Winnipeg dans cette mer de l'Ouest dont parlaient les sauvages et à laquelle ils arrivaient par la rivière Winnipeg qui est une décharge du lac des Bois.

Les sauvages qui donnaient ces renseignements, étaient de ceux qui avaient fait le voyage à la baie d'Hudson. Ils y avaient vu des vaisseaux sur la mer, entendu les détonations du canon, admiré les solides constructions des forts ; ils y avaient été témoins du flux et reflux de la mer

qui se fait sentir très loin dans l'embouchure des

rivières autour de la baie. Tous ces détails qu'ils donnaient aux français, faisaient soupçonner à ceux-ci que la mer de l'Ouest n'était pas très loin du lac Supérieur. Il a fallu bien des années pour

se désillusionner sur ce point. La route que suivaient les indiens était celle de la rivière Winnipeg, du lac Winnipeg et de la rivière Nelson.

Er l'année 1717, Monsieur de la Nouë fut envoyé à Kaministigoya pour y bâtir un fort qu'il occupa jusqu'à l'année 1721. Pendant son séjour dans ce fort, il invita toutes les tribus de l'Ouest à venir lui donner des renseignements sur leur pays. Comme d'ordinaire, ces renseignements donnés par les sauvages furent loin d'être exacts. À son retour à Québec, M. de la Nouë écrivit au Gouverneur que tout ce qu’il avait appris de plus certain sur le Nord-Ouest : “ c'était qu'il y faisait un froid excessif et qu'il était impossible d'y cultiver aucun grain.”

L'expérience à prouvé aujourd'hui que cette dernière affirmation est complètement fausse, puisque le Nord-Ouest est réputé le grenier de l'Amérique. Quant au froid, il n'est pas plus intense que dans le nord de l'Europe, habité et cultivé depuis des siècles.

“ Cependant, ajoutait M. de la Nouë dans son rapport ; c'est l'endroit qui fournit la meilleure pelleterie et c'est ce qui fait tout le commerce des anglais à la baie d'Hudson. Pour empêcher les sauvages d'y aller, il faudrait faire un établissement à Zakimamiven qui est à cent lieues de Kami-

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SON EXPLOTITFATION

nistivoya et dans les terres situées sur le bord d'un lac qui porte ce nom. (1)

Puisque le pays, à l'ouest du lac Supérieur jusqu'au lac des Bois, était connu depuis quarante ans, lorsque M. de la Vérendrye entreprit d'aller à la découverte de la mer de l'Ouest, cette mer tant cherchée par les voyageurs, comment se fait-il que personne en Canada n'avait encore osé entreprendre une expédition de ce côté ? On se contentait de faire des rapports au roi de France, pour lui parler des immenses avantages que le pays retirerait du commerce des fourrures, dont ces contrées abondaient ; mais là se bornait tout le zèle des officiers au service du roi en Canada.

Si l'ambition d'attacher son nom à une œuvre aussi importante eut suffi pour mener cette entreprise à bonne fin, les hommes avides de renommée et anxieux de tenter la fortune n'eussent pas manqué dans la colonie française, mais il fallait en outre des qualités qui ne sont pas toujours l'apanage des ambitieux : un peu de fortune, beaucoup d'énergie, des forces physiques et morales capables de surmonter les obstacles de la nature et de supporter les persécutions des

jaloux ; mais, surtout, le noble motif d'agir pour

Dieu et son roi, voilà ce qui manquait en tout ou

(1) Ce nom sauvage Taki-mamiwen est une corruption des deux mots cris: Zaki kimiwen, il pleut toujours, de là lac de la Pluie, toujours il pleut,

en partie à ceux qui eussent désiré immortaliser leur nom dans la découverte de la mer de l'Ouest.

Le roi de France ne voulait rien fournir de son trésor pour aider en quoi que ce soit l'expédition au Nord-Ouest.

Les officiers français qui avaient du service dansla colonie, voulaient d’abord fairelearsaffaires, cout en faisant un peu celles du roi. En France, on ne soupçonnait guère les dépenses exorbitantes qu'entraînaient ces découvertes et ajoutons qu'on s'y intéressait peu à cette époque où la Cour était plus occupée de ses plaisirs que de l’agrandissement de ses colonies.

Cependant les temps étaient arrivés, dans les desseins de la divine Providence, de faire briller les lumières de la foi, aux yeux des nombreuses peuplades infidèles de ces déserts inconnus. C’est alors que Dieu inspira au cœur d'un noble canadien, au sieur Pierre Gaulthier de Varennes de la Vérendrye, né aux Trois-Rivières, l'héroïque résolution de faire, à ses propres frais, la découverte de l'ouest et de risquer dans cette entreprise toute sa fortune et l'avenir de sa famille.

D TRS GERS

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