‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 19 sur 121 · CHAPITRE IT, SOMMAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT, SOMMAIRE

M. de la Vérendrye ; sa détermination à tenter la découverte du Nord- Ouest.—Son départ de Montréal—Son arrivée au grand lac Supérieur. —Le Grand Portage.—Retard éprouvé en cet endroit, — Etablissement du fort Saint-Pierre par M, de la Jemmeraie au lac la Pluie.—Dommages causés à M. de la Vérendrye durant l'hiver, — Retour des voyageurs du lac la Pluie au printemps de 1732, — M. de la Vérendrye continue son voyage ; il se rend au lac des Bois et construit le fort St-Charles,

Pierre Gaulthier de Varennes de la Vérendrye, his de René Gaulthier de Varennes était né aux Trois-Rivières, en 1686 ; il était âgé de quarante ans, lorsqu'il prit Ja détermination d'aller à la découverte des pays à l'ouest du grand lac Supérieur. À l'âge de dix-huit ans, en 1704, il

À avait fait une campagne dans la Nouvelle-Anpgle-

terre et une autre l’année suivante, dans l'Ile de Terre-Neuve.—Revenu aux Trois-Rivières, comme il avait du goût pour l'art militaire, il sengagea au service de la France et passa en Europe. En 1709, il assistait à la bataille de Malplaquet, où il reçut neuf blessures. Après quelques années passées dans l'armée française, il revint au Canada et en 1728 commandait au

poste de Nipigon sur les bords du lac Supérieur. M M. de Ce fut dans ce poste qu'il prit ses premiers harchan

renseignements sur les grands pays de l'ouest. M 6 entr

I descendit à Montréal en 1730, pour com «l'ass, muniquer son projet à M. de Beauharnois gou-M oi afin verneur du pe ys qui l'approuva. Pendant l'hiver ss dépense:

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(1) M, de la Jemmeraie qui partit avec M. de la Vérendrye était le . parcourt c frère de la Vénérable Mère d’Youville, fondatrice de la communauté # les chars C “ Nous

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des Sœurs Grises de Montréal.

(2) Dans un mémoire du roi de France, adressé au Marquis de Vau dreuil, en 1717, Sa Majesté approuve le projet d'aller établir des postes, à Kaministigoya, au lac de la Pluie et au lac des Bois. est à quin:

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‘ Pour réaliser ce projet, dit-il, il est nécessaire d’avoir cinquante bons

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M. de la Vérendrye s'associa de plus quelques marchands pour l'aider à supporter les frais de son entreprise.

“ F'associai, dit-il, plusieurs personnes avec moi, afin de pouvoir plus facilement fournir aux dépenses que cette entreprise pourrait occasionner et je pris en passant à Missilimakinaw le Père Messaiger, jésuite, pour notre missionnaire.”

Comme tous les découvreurs des pays nouveaux de l'Amérique, M. de la Vérendrye voulut aoir un prêtre avec lui. Ces hommes de foi ne partaient jamais pour des expéditions lointaines sans se mettre sous l'égide de la religion et sans avoir avec eux un missionnaire.

Pour se faire une idée des difficultés qu'on rencontrait alors en voyageant dans ces pays sauvages, il suffit de dire que, malgré toute la diligence apportée par les voyageurs, il leur fallut soixante et dix-huit jours pour franchir la distance entre Montréal et la baie du Tonnerre sur le côté nord du lac Supérieur. Aujourd'hui, on parcourt cette même distance en deux jours par les chars du Pacifique Canadien.

“ Nous arrivâmes, dit M. de la Vérendrye, le 26 août, au Grand Portage du lac Supérieur, qui est à quinze lieues de Kaministigoya.”

Cette rivière Kaministigoya se jette dans le lac Supérieur tout près de Port Arthur.

C'est de ce point (le Grand Portage) que les

voyageurs devaient quitter les bords du lac pour saventurer dans l'intérieur des terres. De là, pour atteindre une rivière navigable, il y avait un portage de dix milles à traverser.

Les portages, sont des endroits où la navigation se trouvant interrompue, soit par une chute ou un rapide, les voyageurs sont obligés de transporter par terre, sur leur dos, les marchandises et les canots jusqu'à une autre partie navigable de la rivière. Un long portage est toujours pour les canotiers une corvée redoutable.

Les hommes de M. de la Vérendrye, déjà harassés par les fatigues d'un long voyage, furent épouvantés, quand on leur proposa d'entreprendre la traverse du Grand Portage. Voici comment M. de la Vérendrye rend compte du malheureux contre-temps qu'il éprouva à cet endroit.

“ Le 27 août, tout notre monde épouvanté de la longueur du portage qui est de trois lieues, se mutina et tous me demandèrent de relâcher.

Mais, à l'aide de notre Père missionnaire, je trouvai moyen de gagner quelqu'un parmi le nombre de mes engagés pour aller, avec mon neveu qui était mon second et mon fils, établir un poste au lac de la Pluie. J'en eus assez pour équiper quatre canots. Je fis faire sur le champ le portage et leur donnaïi un bon guide.

“ Je fus obligé d'hiverner à Kaministigoya, ce qui m'a fait un tort notable, tant pour le paiement

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de mes engagés et les marchandises dont j'étais chargé, sans aucune espérance de pouvoir rien retirer de tous ces frais qui étaient considérables." (Mémoire du Sieur de la Vérendrye.)

Comme nous l'avons dit plus haut, toute la route depuis le lac Supérieur jusqu'au lac des jois était déjà explorée depuis plusieurs années, aussi M. de la Vérendrye ne parle pas de découverte pour cette partie du pays. Il envoie son neveu et son fils au lac de la Pluie, comme à un endroit connu, pour y bâtir un fort qui lui servirait de première étape,

Monsieur de la Jemmeraie atteignit heureusement le lac de la Pluie avec tout son monde, assez tôt pour y construire, avant l'hiver, un fort auquel il donna le nom de Fort Saint-Pierre.

Pendant l'hiver il se mit en rapport avec les sauvages, et les invita à venir échanger leu:s pelleteries avecles français ; mais l’arrivée de ces étrangers n'ayant pas été connue assez tôt, les sauvages ne vinrent au fort qu'en très petit nombre.

Au printemps, le fils de M. de la Vérendrye revint au Grand Portage rendre compte à son père des travaux exécutés au lac de la Pluie. Il arriva le 29 mai au lac Supérieur, rapportant avec lui quelques pelleteries, faible dédommagement des pertes occasionnées à son père depuis l'automne précédent.

LS

“A l'arrivée des canots que j'avais envoyés dans les terres, dit M. de la Vérendrye, j'envoyai mon fils à Missilimakinaw pour porter le peu de pelleteries qui n'étaient venues et pour rapporter les effets qui devaient me venir de Montréal.”

Le S juin, M. de la Vérendrye se mit en route avec tout son monde, bien déterminé à pousser l'exploration aussi loin que ses moyens et ses forces le lui permettraient.

I eut grand soin tout le long de la route de fai: accommoder les portages par où il aurait à passer dans la suite,

Le 14 juillet, il arriva au fort Saint-Pierre, Ce fort était construit à la décharge du lac de la Pluie,

par les indiens, attendaient pour accompagner

Là, plus de cinquante canots, montés

plus loin les découvreurs.

Monsieur de la Vérendrye ne s'arrêta au fort, que pour en examiner les travaux et pour prendre de nouvelles provisions, puis il continua sa route, escorté par les canots des sauvages.

Au mois d'août les explorateurs entraient dans le grand lac des Bois que les sauvages désignaient sous le nom de lac des Iles à cause de la multitude d'îles qu'il renferme, rive sud du lac, puis poussèrent à l'ouest jusqu'à

Ils cotoyèrent la

l'embouchure d'une petite rivière qui se décharge dans le lac à l'endroit connu aujoud'hui sous le nom de l'ÆAngle Nord-Ouest. Cet endroit parut

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propre à M, de li Vérendrye pour y construire un fort,

D'après une lettre du Père Auneau qui passa hiver dans ce fort, en 1735, le fort fut construit Sur li petite rivière à trois milles de son embouchure (Lettre du Père Auncan 1735) Ce second fort fut appelé Fort Saint-Charles, Le plan de M, dela Vérendrye était de faire de cette place le centre de ses opérations entre l'est et l'ouest,

Son fils qu'il avait envoyé à Missilimakinaw ne fut de retour au fort Saint-Charles que le 12 novembre, Les glaces étaient déjà formées sur le lac; le convoi fut obligé de laisser les canots à dix Heues du fort et de transporter à dos les provisions et les marchandises pour la traite. Ce premier contretemps éprouvé au fort Saint Charles devait être suivi de beaucoup d'autres. M. de la Vérendryve avait choist ce fort pour étre le centre de ses opérations entre l'est et l'ouest, et dans les desseins de la Providence, c'était le lieu où il aurait à supporter les plus cruels

chagrins et les plus dures épreuves.

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