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LES COMPAGNIES DES TRAITEURS 157 Il en avait fait une bonne provision pour les échanges, mais son premier coup d'essai ne lui réussit pas.
Les premiers sauvages que rencontra Henry, lui volèrent une partie de son rhum, disant pour le consoler, qu'après tout c'étaitle sort qui devait lui arriver plus loin.
En effet, à Missilimakinaw, il perdit tout ce qu'il possédait de marchandises pour la traite, se cacha pendant longtemps pour éviter la mort et parvint après avoir enduré beaucoup de misères à descendre jusqu'à Niagara. Après un pareil début, un autre se fut découragé et n'eut plus songé à retourner au Nord-Ouest. Henry voulut tenter le sort encore une fois. Il partit en 1763 avec un autre associé du nom de J. Bte Cadotte, très connu dans les pavs d'En-Haut (1) Il était déterminé à ne revenir au Canada qu'après avoir fait fortune. En effet, il ne retourna à Montréal qu'en 1776, après une absence de seize ans.
Les succès qu'il avait obtenus dans la traite des pelleteries devinrent le sujet de toutes les conversations. À cette époque, les récits des voyageurs qui avait vécu longtemps chez les sauvages, avaient un intérêt qu'ils n'ont plus aujourd'hui.
(1) Il y a encore dans Manitoba plusieurs familles Cadotte descen-
dantes de ce premier traiteur qui épousa une indienne, familles réside à St-Norbert, près de Winnipeg.
Une de ces
Après avoir fait un voyageen Europe, Henry
s'établit à Montréal, et en 1784 il prit part à la formation de la Compagnie du Nord-Ouest.
Pendant que Alex. Henry s'était enrichi dans
le Nord-Ouest, les autres traiteurs, jusqu'à 1770,
navaient guère pénétré plus loin que le Grand
Cette année-là, un
Portage et le lac Népivon.
nommé Curry alla jusqu'au lac Bourbon où il
passa l'hiver comme on sait près du fort Bourbon bâti par un des fils de la Vérendrye en 1741. Son
succès dépassa toutes ses espérances : Il revint
l'année suivante avec une cargaison assez riche
pour n'avoir plus besoin de s'occuper de la traite.
D'autres voulurent suivre son exemple et aller
jusqu'aux forts les plus éloignés qu'avaient bâtis les français. Un M. Finlay se rendit au fort La Corne en 1771. Ce fort était bien le dernier bâti par les français ; mais il n'était pas le plus éloigné, car en 1751, M. de Niverville avait fait construire le fort la Jonquière aux sourçes de la Saskatchewan, six cents milles plus loin. Le fort La Corne n'avait été construit que cinq ans
après.
Comme depuis la conquête, tous les sauvages du nord avaient cessé de fréquenter les forts français et avaient repris le chemin de la baie d'Hudson, il est très probable que la traite sur la Saskatchewan n'était pas aussi abondante
qu'autrefois. En 1772, Joseph Frobisher de
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LES COMPAGNIES
DES TRAITEURS Montréal soupçonna qu'il aurait plus d'avantace à s'avancer tout droit vers le Nord pour y ren. contrer les sauvages sur la route de la baie d'Hudson. [se rendit d'abord au fort Paskoyac, non loin de lembouchure de Fa crande Saskatchewan, et de là se dirigea sur la rivière Churchill, où personne encore n'était allé faire la traite. Les sauvages y arrivèrent en orand nombre, chargés des plus précieuses pelleteries. Ces pelleteries étaient toutes destinées à payer les dettes que Îles sauvages avaient contractées l'année précédente chez les anglais de la baie d'Hudson.
Quand Frobisher leur offrit de tout acheter le produit de leur chasse, ils refusèérent de le lui céder, se faisant un scrupule de manquer à leur parole et de commettre une injustice à l'égard des marchands qui leur avaient avancé des marchandises et des provisions. Mais Frobisher fit tant d'instances auprès d'eux qu'ils se laissèrent vauner, surtout par l'appât du prix élevé qu'il leur offrit.
cédèrent était si grande qu'il fut oblivé d'en
La quantité de fourrures qu'ils lui
laisser une partie dans un fort qu'il bâtit exprès, et qui depuis ce temps a porté le nom de /ort de traite. L'année suivante, quand il vint pour reprendre ses fourrures, il les trouva intactes, Les pauvres sauvages s'étaient donc montrés plus honnêtes que les blancs, qui venaient leur
tait) L'OURSE CANADIEN
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