CHAPITRE IT
SOMMAIRE
Pourquoi la Compagnie prit le nom de Compagnie française —Sa première organisation, noms des premiers Bourgeois.— Première scission.—Lutte contre quelques traiteurs mécontents. —Etablissements des forts dans l'extrême nord à l'ile à La Crosse et au la
Athabaska.— Réunion des traiteurs en 1787.
Disons tout de suite, en commençant ce chapitre, que le nom de Compagnie française adopté par la Compagnie du Nord-Ouest ne lui appartenait pas plus qu'à sa rivale, la Compagnie de la baie d'Hudson, puisque tous ses bourgeois et les trois quarts de ses commis étaient anglais ou écossais, Dès le commencement, elle ne fut composée que d'anglais et en 1804, sur quarante bourgeois, il y avait trente-huit anglais et seulement deux français, MM. Chaboillez et de Rocheblave. Il en fut presque de même de ses commis. Il est vrai que tous ses serviteurs étaient canadiens, mais ces portefaix et ces manœuvres qui agissaient comme des esclaves sous les ordres
des chefs anglais, ne faisaient pas plus partie de la Compagnie que les chasseurs sauvages qui
venaient commercer dans les postes de traite. Si on a fait sonner si haut ce titre de français
pour une compagnie marchande composée d'an-
glais, c'était pour avoir les sympathies des sau:
vages qui avaient toujours estimé beaucoup les
français et détesté les anglais.
Les indiens avaient conservé le souvenir des
premiers français qui avaient pénétré dans l'ouest: ils se rappelaient les bons procédés dont ik avaient usé envers eux, et les paroles de paix qu'ils leur avaient apportées avec les mission:
naires qui les suivaient. Le nom de français résonnait bien à leur oreille et réveillait en eux les sympathies qu'ils 1vaient données à M. de Vérendrye et à ses fils. La Compagnie du Nord: Ouest connaissait la répulsion des sauvages pour les anglais ; elle voulut bénéficier du prestive attaché au nom français pour capter la confiance,
non seulement des indigènes, mais de tous les
canadiens qu'elle prenait à son service et en même temps pour rendre odieuse sa rivale en l'appelant Compagnie anglaise.
On a abusé de ce titre en faveur des bourgeois du Nord-Ouest pour leur faire pardonner des fautes que l’histoire doit juger avec impartialité
Ouest, comme une Compagnie anglaise, dans
Il faut donc considérer la Compagnie du Nord- En
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