‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 55 sur 121 · partie de ages (ui » traite · texte numérisé non relu

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laquelle la nationalité canadienne n’a rien de plus à défendre que dans la Compagnie de la baie d'Hudson. Toutes deux n'ont eu qu'un but, faire fortune per fas el nefas, où, comme on dit en anglais, any way and any how. La civilisation des tribus indiennes et le progrès matériel du pays qu'elles exploitaient, ont été le moindre de leurs soucis. Si deux ou trois associés de la Compagnie du Nord-Ouest ont travaillé, dans un but scientifique, à étendre le champ des découvertes, ce fut contrairement aux idées de la Compagnie qui ne comprenait rien en dehors de son trafic des fourrures.

Quoique cette Compagnie ait joué, en Canada, un rôle très marquant durant plusieurs années, cependant son histoire n'était guère connue qu'au point de vue mercantile. On savait qu'elle faisait un immense trafic de pelleteries, chez les sauvages de l'ouest ; que la plupart de ses bourveois réalisaient de belles fortunes et qu'elle cardait à son service toute une armée de serviteurs canadiens, qu'on appelait : /es voyageurs des pays d'En-Haut.

Mais comment les choses se passaient là-bas chez les sauvages ; quelle vie menaient tous ces bourweois, tous ces commis et tous ces coureurs des bois ; quelle morale on y gardait, quelle Justice on y observait, voilà ce qu'on a ignoré, sinon complètement, du moins en grande partie,

Comme toutes les grandes compagnies, la Com pagnie du Nord-Ouest avait des influences en haut lieu, et, par son or, elle avait su se créer des sympathies jusque dans les plus hauts rangs de la société.

Assurément, il n'est pas désirable que tous les mystères du Nord-Ouest soient jamais révélés au grand jour ; une histoire détaillée de tous les faits et gestes de ces traiteurs serait loin d'être édifiante, Mais le devoir de l'historien est de révéler tout ce qui peut l'être convenablement,

Les actionnaires de cette Compagnie étaient wénéralement des hommes qui avaient reçu une éducation distinguée ; ils étaient ce qu'on appelle dans le monde des gextlemen. À Montréal et à Québec, ils étaient admis et fêtés dans la haute société à cause du rang qu'ils tenaient et des manières gracieuses qu'ils savaient prendre à leur retour des pays d'En-Faut. On les appelait les Vord-Ouest. 11s menaient un train princier comme des millionnaires. Leurs causeries étaient intéressantes, et partout on aimait à entendre le récit de leurs courses lointaines. Ils tenaient aux formes extérieures et à tout ce qui pouvait contribuer à augmenter leur prestige. Mais chez eux, il y avait deux hommes ; le civilisé et le traiteur, Si en Canada, ils se montraient aimables et faisaient paraître de belles qualités, dans les pays sauvages, ils étaient, comme trafiquants,

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