‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 99 sur 121 · DA · texte numérisé non relu

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il avait mis des caisses d'armes pour les métis et les sauvages, Tous ces soldats étaient envoyés pour rencontrer les bandes du nord soulevées par McDonell et pour écraser tous les colons, s'ils faisaient mine de se défendre, Les canots de McLeod furent retardés en route et n'arrivèrent au bas de la Rivière Rouge que le 20 au lieu du 16 juin.

Ces hommes étaient abondamment pourvus de provisions et n'attendaient pas les secours du

Portage de la Prairie pour assurer leur alimen-

tation.

La Compagnie du Nord-Ouest, dans sa brochure publiée pour expliquer ce qu'elle appelle la malheureuse rencontre du 19 juin, à l'endroit nommé La Grenouillère, affirme qu'elle n'avait nullement l'intention d'attaquer le fort Douglas et que ses hommes en partant du Portage de la Prairie avaient reçu l'ordre formel de passer au loin dans la prairie, afin d'éviter toute rencontre avec les officiers de la baie d'Hudson.

Ceci est très vrai, mais c’est à peu près l'unique vérité que nous avons pu découvrir dans cette brochure : tout le reste n’est, d'un bout à l’autre, qu'un tissu de mensonges et de protestations hypocrites, pour surprendre la bonne foi des lecteurs étrangers à tous ces événements. La vérité entière, nous venons de la dire.

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pagnie du Nord-Ouest,avaient en effet reçu l'ordre de passer à plusieurs milles du fort Douglas, nonseulement pour éviter toute rencontre avec les hommes de la Compagnie de la baie d'Hudson, mais pour ne pas être vus par eux, si C'était possible, Des lacs et des marécages les empéchèrent de passer aussi loin du fort qu'ils l'eussent voulu. Alex, McDonell, qui avait tramé tout le complot durant l'hiver, envoyait, comme nous l'avons dit, ses cavaliers se joindre aux hommes de Norman \McLeod, qui montait du fort William avec toute une organisation militaire. Les mesures étaient prises depuis longtemps pour que toutes les brivades d'hommes de la Compagnie du Nord- Quest, venant du nord, de l'ouest et de l'est, se trouvassent en même temps à l'embouchure de la Rivière Rouve vers le 20 juin. De là, une troupe composée de quelques centaines d'hommes parfaitement équipés devait tomber sur l'établissement et faire prisonniers tous les colons, ou bien les massacrer, s'ils faisaient mine de résister, Une fois les colons prisonniers, le fort Douglas, qui n'était défendu que par une trentaine d'hommes n'ayant plus de provisions que pour trois où quatre Jours, devenait facile à prendre. Comme tactique de guerre, c'était un plan bien imaginé; mais, dans la circonstance actuelle, ce n'était qu'une mesure de brigandage et un crime horrible.

Quatre rapports de cette lugubre scène du 19

juin, 1816, ont été donnés sous serment par de

braves et honnûtes citoyens présents à la bataille,

et tous les quatre racontent les faits de la même

Ra

anière. Voici d'abord celui de Michel Heden,

qui était dans le fort Douglas et qui accompagna Île vouverneur Semple, quand celui-ci

s'avança à la rencontre des soixante-dix cavaliers dela Compagnie du Nord-Ouest, passant en vue

du fort.

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